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Mercosur

Pour un commerce mondial équitable et coopératif

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Agriculture Commerce Mercosur

L’adoption par l’Assemblée nationale, le 27 novembre, d’une résolution appelant le gouvernement à s’opposer à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur marque un tournant politique.

Ce traité, négocié depuis 25 ans, reste profondément contesté par les agriculteurs comme par une large partie des travailleurs. Les communistes, au premier rang de cette opposition, mettent en garde contre un accord jugé inéquitable, destructeur pour l’agriculture nationale et européenne, porteur d’une mondialisation défavorable aux peuples.

Un risque majeur pour l’agriculture et pour l’emploi

Pour les agriculteurs français – en particulier ceux de l’élevage bovin allaitant déjà fragilisé par des revenus faibles, des épidémies et la flambée des coûts – l’accord UE-Mercosur apparaît comme une menace directe. Il prévoit d’ouvrir de nouveaux contingents d’importation de viande sud-américaine à droits de douane réduits, soit près de 100 000 tonnes supplémentaires en six ans. Une concurrence accrue qui tirerait encore les prix vers le bas alors que, en France, le prix du gros bovin a déjà été divisé par deux depuis les années 1970.

Mais ce ne sont pas seulement les éleveurs qui sont concernés. C’est l’ensemble des travailleurs agricoles, agroalimentaires et industriels qui risquent d’être pris dans une spirale de mise en concurrence. Importations à bas coût d’un côté, exportations de voitures, machines et vins de l’autre : l’accord privilégierait les intérêts des grandes firmes au détriment des petites et moyennes exploitations, des salariés et de la souveraineté alimentaire d’autant que le pouvoir d’achat des Français recule d’année en année.

Pour les communistes, il faut refuser l’accord et défendre les travailleurs

Le Parti communiste français porte un message clair : les biens agricoles ne sont pas des marchandises comme les autres. Ils devraient être protégés des logiques de marché dérégulé. Les communistes dénoncent une vision du libre-échange qui sacrifie l’agriculture à la conquête de nouveaux marchés extérieurs par les grands groupes européens.

Depuis plusieurs années, ils défendent l’idée d’une exception agricole dans les accords commerciaux, d’un refus des traités de libre-échange destructeurs, et d’un modèle fondé sur la coopération plutôt que sur la compétition. Les élus communistes ont contribué au rejet du CETA au Sénat et mènent une opposition transpartisane au Mercosur qui n’est pas étrangère au dernier vote quasi unanime de l’Assemblée.

Leur position va plus loin : la crise agricole n’est pas un phénomène isolé, mais un symptôme de problèmes structurels – dérèglement climatique, volatilité des marchés, absence de prix garantis, dépendance aux soutiens publics, faiblesse des revenus ruraux. Les communistes appellent donc à une convergence des luttes entre agriculteurs, salariés industriels, travailleurs précaires ou fonctionnaires – tous pris dans la même logique de concurrence généralisée.

Des traités qui servent les multinationales comme cœur du problème

Le débat sur le Mercosur pose une question politique plus large : à qui profite réellement le libre-échange tel que le conçoit l’Union européenne ? Dans les faits, ces traités renforcent la domination des grandes firmes agroalimentaires, industrielles et logistiques. Ils favorisent une mondialisation où les règles sont écrites par et pour les acteurs les plus puissants, au détriment des petites et moyennes exploitations agricoles, confrontées à des importations moins-disantes ; des travailleurs, soumis à la pression sur les salaires et à la désindustrialisation ; des territoires ruraux, qui se vident de leurs emplois et de leurs services publics ; des consommateurs, éloignés des circuits courts  ; de l’environnement, via des chaînes logistiques longues et intensives.

Ce modèle est présenté comme une évidence – « la compétition ou le déclin » – alors qu’il existe une alternative.

Pour un commerce international équitable, coopératif et multipolaire

Face à cette mondialisation défavorable, une autre voie est possible. Celle d’un commerce réellement gagnant-gagnant, fondé sur la diplomatie, la coopération technologique et la diversification des partenariats.

Le développement des BRICS+ et du Sud global montre que les rapports de force évoluent. Au lieu de maintenir une attitude impérialiste qui braque des partenaires potentiels et entretient la dépendance, la France et l’Union européenne gagneraient à reconnaître la souveraineté économique des nations ; à promouvoir des accords équilibrés, intégrant des normes sociales et environnementales réciproques ; à encourager la coopération et les investissements dans la recherche publique, l’énergie, les technologies et les infrastructures.

Il ne s’agit pas de se replier, mais de changer les règles du jeu pour rendre la mondialisation favorable au plus grand nombre.

L’opposition quasi unanime du monde agricole, la mobilisation des travailleurs et la position constante des communistes rappellent simplement que l’économie doit servir les peuples, non l’inverse.

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