Dans cette période électorale, le sujet du mal-être des maires revient au premier plan.
Parmi les sujets de préoccupation, il y a celui des normes. Tous se plaignent de la surabondance de lois votées par le Parlement, de textes réglementaires (ordonnances, décrets, arrêtés ou circulaires).
Depuis 2009, pas moins de 4416 normes nationales sont entrées en vigueur concernant les collectivités locales, soit 294 textes en moyenne par an. En 20 ans, le Code général des collectivités territoriales a triplé de volume et celui de l’urbanisme a augmenté de 44%. On parle d’inflation normative.
Certaines études estiment qu’elle s’élève jusqu’à 4 points de PIB par an soit plus de 120 milliards d’euros. Selon le secrétariat général du gouvernement, la production de normes étatiques a noirci 69 549 pages du Journal officiel en 2023. Ajoutez à cela la baisse régulière des dotations de l’État… On peut comprendre la lassitude de beaucoup de fantassins de la République.
Alors oui, libérons les maires, faisons leur confiance. 35 000 maires, 500 000 élus locaux engagés au quotidien pour « faire tourner la boutique », pour engager des projets visant à répondre aux besoins de la population.
Une chance pour notre République que ce maillage serré des communes dans l’ensemble du territoire. Les collectivités ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire, elles sont même un levier pour redresser les comptes nationaux : elles réalisent, en effet, 70% de l’investissement public !