Nous croisons tous et toutes dans les rues de nos villes et villages des millions de gens, les yeux baissés, rivés aux écrans des téléphones portables. Tout s’accélère : chaque minute dans le monde 1,3 million de personnes sont connectées à Facebook en même temps, 4,1 millions de recherches sont effectuées sur le moteur de recherche « Google », 4,7 millions de vidéos sont consultées sur YouTube, 19 millions de textos sont échangés et 190 millions de courriers électroniques sont envoyés. Vertige absolu.
L’ordinateur de chaque « smartphone » est aujourd’hui cent fois plus puissant que les meilleurs ordinateurs conçus il y a 30 ans. Quand on sait que cela sert souvent à faire des selfies, c’est un peu désolant. C’est que l’humanité produit déjà un invraisemblable déluge de données (data) : 5 exaoctets par jour. Un exaoctet équivaut à un milliard de milliards d’octets, soit autant que toutes celles produites depuis les débuts de l’informatique jusqu’en 2003. De quoi remplir la mémoire de 10 millions de disques Blu-Ray qui, empilés, s’élèveraient à 4 fois la hauteur de la tour Eiffel.
Pour faire fonctionner les centres de données, il faut une climatisation. Un centre de taille moyenne peut en effet consommer pour ces systèmes de climatisation jusqu’à 600 000 mètres cubes d’eau par an, soit l’équivalent de 160 piscines olympiques ou les besoins en eau de trois hôpitaux sur une année.
Les cerveaux humains ont créé cette machine. Elle pourrait servir à émanciper l’humanité et à l’élever. J’ai l’impression que c’est tout l’inverse qui menace de se produire. Le numérique doit devenir un bien commun.
Sur ce sujet, lisez le livre du sénateur Alexandre Basquin : « Numérique : stop à l’exploitation ! »., 16€, 143 pages, Éditions Le Temps des Cerises