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European Parliament - CC BY 4.0
Chroniques du monde d’après

« L’internationale réactionnaire » ou la formule du bonheur à l’européenne

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par Camo
Mise à jour le 21 février 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Union européenne

Dans un premier article, nous avons montré la connivence entre le camp présidentiel et un large spectre politique français sur le thème de la défense des démocraties contre « l’internationale réactionnaire ». Une vision du bonheur tout européenne.

Sous couvert d’opposition républicaine à la montée de l’extrême droite, la bourgeoisie libérale et ses relais au sein de l’establishment politique achèvent leur mue de classe économique de plus en plus tentée par le tournant interventionniste. Objectif : conserver le contrôle du marché européen au service des intérêts capitalistes européens (majoritairement allemands) et états-uniens, en disant adieu (pour toujours, si possible) à l’investissement chinois et à tout partenariat économique avec la Russie (dans tous les futurs possibles, aussi lointains soient-ils). Cette tendance se profile sous forme de lame de fond en trouvant de l’écho au sein de la social-démocratie libérale, au sein de l’extrême droite ultralibérale et au sein de la droite traditionnelle. C’est la vision de « l’Europe citadelle » défendue par la députée européenne Chloé Ridel, porte-parole du Parti socialiste, directrice de l’Institut Rousseau et fille du fondateur de l’entreprise Nexway, Gilles Ridel, dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 100 millions d’euros. Son ouvrage, D’une guerre à l’autre, l’Europe face à son destin revient sur le « retour de la guerre en…establishment politique achèvent leur mue de classe économique de plus en plus tentée par le tournant interventionniste. Objectif : conserver le contrôle du marché européen au service des intérêts capitalistes européens (majoritairement allemands) et états-uniens, en disant adieu (pour toujours, si possible) à l’investissement chinois et à tout partenariat économique avec la Russie (dans tous les futurs possibles, aussi lointains soient-ils). Cette tendance se profile sous forme de lame de fond en trouvant de l’écho au sein de la social-démocratie libérale, au sein de l’extrême droite ultralibérale et au sein de la droite traditionnelle.

C’est la vision de « l’Europe citadelle » défendue par la députée européenne Chloé Ridel, porte-parole du Parti socialiste, directrice de l’Institut Rousseau et fille du fondateur de l’entreprise Nexway, Gilles Ridel, dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 100 millions d’euros. Son ouvrage, D’une guerre à l’autre, l’Europe face à son destin revient sur le « retour de la guerre en Europe » et « l’effroi suscité par l’invasion de l’Ukraine par la Russie ». Dans une tribune sur le site du Huffington Post, l’eurodéputée pourfend également « l’Internationale réactionnaire » des deux rives du Pacifique à l’Atlantique, sur le registre sociétal.

Comme un rêve éveillé

La classe politique libérale, habituée à se gaver de fonds européens dédiés aux ONG et à la société civile, déplore aujourd’hui leur usage (non moins partisan) par l’extrême droite. Mais ses malheurs ne s’arrêtent malheureusement pas là, puisque l’extrême droite ne fait pas que reprendre les structures existantes à son usage, mais menace également toute une infrastructure politico-institutionnelle qui alimente un écosystème d’ONG, de fondations et d’organisations de la société civile.

Un écosystème, qui entretient depuis des années des climats d’extrême tension politique autour du monde et accompagne les changements de régime, avec des prises de position publiques assimilables dans tout autre contexte, à des tentatives de déstabilisation politique.

À la différence cependant que ces organisations se font les « avocates des grandes causes » morales du Monde libre. Ce monde occidental, héritier des anciennes puissances colonialistes, qui ne semblent jamais avoir perdu son désir de façonner toutes les sociétés à son image, pour le meilleur comme pour le pire.

Les protestations en tout genre contre le complotisme de « l’Internationale réactionnaire » hostile aux droits reproductifs et des LGBTQI+ servent en réalité un seul objectif : asseoir la légitimité d’un prêt-à-penser politique où l’Europe représenterait le Monde libre face à l’Axe du Mal, qui s’étendrait (selon les changements de majorité présidentielle aux États-Unis) de l’Amérique à la Russie en passant par l’Inde et la Chine. Ainsi, cela même qui, dans le logiciel de pensée d’un George W. Bush, passait autrefois pour une manipulation simpliste et erronée, est accepté aujourd’hui comme allant de soi par tous les tenants du prêt-à-penser libéral.

Ce prêt-à-penser politique, nouvelle fabrique de l’ignorance et de l’ethnocentrisme, n’est pourtant guère plus qu’un rêve éveillé, au service des objectifs de la guerre économique, que les États européens et leur maître états-unien sont inexorablement en train de perdre. La question aujourd’hui serait peut-être plutôt de savoir dans quel état la France se réveillera de sa longue torpeur.

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