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États-Unis

L’impérialisme comme un chien blessé qui ne sait plus qu’aboyer

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Mise à jour le 16 janvier 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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États-Unis Venezuela Donald Trump

Bien sûr, monsieur Trump ne s’embarrasse d’aucun masque. Ni diplomatique, ni juridique, ni même « moral ». Et pourtant. Il ne poursuit pas d’autre politique que celle de ses prédécesseurs quand il s’agit des affaires extérieures. À une différence près. Il doit désormais gérer le déclin de son propre pays.

À peine revenu à la Maison-Blanche, il s’empressait de mettre sur le dos de Joe Biden la guerre « complètement folle (sic !) contre la Russie ». Un premier aveu pour celles et ceux qui refusaient encore de voir les États-Unis comme partie prenante directe de ce conflit.

Il avait dit tout haut ce que les siens pensaient tout bas. La Russie avance. Les États-Unis reculent. Les Européens paieront.

La brutalité comme aveu de faiblesse

Puis tout s’est emballé. Le soutien sans faille à Israël pendant que la France, le Canada et quelques autres reconnaissaient l’État de Palestine. Le renforcement du blocus contre Cuba, pendant qu’était encore votée sa condamnation aux Nations unies. L’humiliation des « alliés » européens, filmés les uns après les autres dans le bureau ovale. La reconnaissance d’un ancien leader d’Al-Qaida à la tête de la Syrie. Et tant d’autres « séquences » jusqu’au kidnapping – il n’y a pas d’autre mot – de Nicolás Maduro et de son épouse.

Sans oublier la guerre commerciale, avec laquelle le président américain promettait à son pays de retrouver son industrie et ses emplois.

Mais concrètement ? Y a-t-il une rupture ? L’OTAN rapproche ses bases de la Russie depuis les années 1990. Le soutien états-unien à Israël n’a jamais faibli. Le blocus étouffe Cuba depuis 1962. Les tentatives de coup d’État au Venezuela remontent aux premières années Chávez et les principales sanctions ont été prises par Barack Obama.

Ce qui échappe désormais aux États-Unis

Reste une question. Pourquoi les choses paraissaient-elles si différentes depuis la réinvestiture de Donald Trump ? Pourquoi cette impression de fuite en avant ? Parce que des ruptures, il y en a. Mais à l’autre bout du globe.

Car là aussi, tout s’est emballé. Sur le plan économique, les échanges en monnaies nationales (hors dollar, donc) augmentent considérablement. De nouvelles zones économiques ont émergé, à l’image de l’Asie du Sud-Est qui affiche des taux de croissance d’au moins 5 %. Des pays qui ne se contentent plus d’extraire des ressources et d’assembler des produits conçus aux États-Unis, mais qui innovent, bâtissent leurs propres industries, etc.

Sur le plan commercial, de nouvelles routes se dessinent au nez et à la barbe de l’Empire, dans l’Arctique, en Asie centrale, sur les côtes de l’océan Indien.

Sur le plan politique, le « reste du monde » est devenu « la majorité du monde ». Il exige, partout, de participer à la gouvernance mondiale. Il s’organise, dans le respect des intérêts de tous et de la souveraineté de chacun. Il se rencontre et ouvre des espaces de discussion, non sans contradictions.

Sur le plan militaire, Washington voit ses espoirs de faire plier la Chine s’amenuisent petit à petit et essaie de déserter le front ukrainien, tant bien que mal.

Le destin des peuples est entre leurs mains

« Et alors !? », pourrait-on dire. Le dollar n’est plus hégémonique ? Si, certainement. La mainmise des États-Unis sur les voies commerciales a-t-elle disparu ? Pas le moins du monde. Mais la dynamique est là. Et elle inquiète les tenants du monde d’hier. Ils font face à un autre monde, qui est déjà là.

Alors, tel un chien blessé, les États-Unis deviennent fous. Ils aboient. Mordent parfois. Ils torpillent ce qu’ils brandissaient encore hier comme le « droit » et la « bonne morale ». Lors de leur conférence de presse sur les bombardements de Caracas, messieurs Trump et Rubio ont prononcé à vingt reprises le mot « pétrole ».

Dans une chronique du quotidien (très) libéral L’Opinion, David Baverez écrivait le 2 avril 2025 que « La Chine a déjà bien intégré la brutale mutation de l’Oncle Sam, alors que les élites européennes veulent encore croire au monde d’hier. Pourtant, la réaction initiale des marchés semble vouloir indiquer que Donald Trump, si l’Europe se ressaisissait enfin en fédérant le reste de la planète, pourrait bien finir en arroseur arrosé ».

Mais nos dirigeants, toujours prompts à s’agenouiller devant Washington et à troquer la souveraineté nationale au profit d’une « souveraineté européenne » par nature inexistante, préfèrent se replier sur eux-mêmes.

Décidément, le destin des peuples est entre leurs mains. C’est ce que nous montrent les Vénézuéliens aujourd’hui.

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