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Lutter contre le militarisme

En 2026, la population est de la revue militaire

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Mise à jour le 27 mars 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Armement Paix

Le premier semestre 2026 a vu déferler dans nos campagnes et sur nos plages une vague kaki. Cet exercice inédit et de grande ampleur doit préparer les armées à un conflit de haute intensité : contre qui, pourquoi, avec quelle utilité ?

L’exercice ORION 26 (Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers la haute intensité et Novatrices) constitue un entraînement majeur des armées françaises face aux conflits de haute intensité. Il vise à préparer les forces à intervenir dans des environnements complexes combinant menaces conventionnelles et hybrides (cyber, spatial, informationnel). L’exercice met en œuvre une coopération interarmées complète : Terre, Air, Mer, cyberdéfense, espace et forces spéciales. À lire aussi Parlons finance : Les industriels de l’armement en plein boum Le scénario fictif repose sur la défense d’un pays allié européen face à une agression extérieure inspirée des standards OTAN. ORION 26 se déroule en 4 phases : planification stratégique, déploiement en coalition, coordination interministérielle sur le territoire national, puis engagement interallié dans un cadre OTAN. Il se déroule du 8 février au 30 avril 2026. Plus de 10 000 militaires, des aéronefs, drones, forces navales et unités terrestres sont mobilisés. L’exercice intègre également des expérimentations…

Il vise à préparer les forces à intervenir dans des environnements complexes combinant menaces conventionnelles et hybrides (cyber, spatial, informationnel). L’exercice met en œuvre une coopération interarmées complète : Terre, Air, Mer, cyberdéfense, espace et forces spéciales.

Le scénario fictif repose sur la défense d’un pays allié européen face à une agression extérieure inspirée des standards OTAN. ORION 26 se déroule en 4 phases : planification stratégique, déploiement en coalition, coordination interministérielle sur le territoire national, puis engagement interallié dans un cadre OTAN. Il se déroule du 8 février au 30 avril 2026.

Plus de 10 000 militaires, des aéronefs, drones, forces navales et unités terrestres sont mobilisés. L’exercice intègre également des expérimentations technologiques (IA, drones, guerre électronique).

Les principaux lieux de déploiement en France incluent :

  • les ports de Brest, Lorient et Saint-Nazaire pour les opérations navales et amphibies ;
  • les bases aériennes d’Évreux, Orléans, Cognac, Cazaux et Mont-de-Marsan ;
  • les zones de manœuvre terrestres autour de Rennes, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Poitiers et Châteauroux ;
  • les postes de commandement situés notamment à Lille, Paris, Metz et Strasbourg ;
  • le commandement spatial basé à Toulouse ;
  • ainsi que plusieurs départements dont le Finistère, la Gironde, la Marne, l’Yonne et la Guyane.

L’exercice mobilise aussi 12 ministères afin de tester la résilience nationale et la coordination civilo-militaire.

Selon le ministère des Armées, « ORION 26 renforce l’interopérabilité avec de nombreux partenaires internationaux. Il permet à la France de démontrer sa capacité à conduire une opération multinationale majeure. Enfin, l’exercice contribue à renforcer le lien armée-nation grâce à des actions de sensibilisation, notamment auprès de la jeunesse. »

Cette multiplication récente d’exercices militaires sur le territoire français suscite des interrogations croissantes quant à la place accordée à la défense dans l’espace public et au rôle des populations locales dans ces choix stratégiques. Ces opérations participent à une forme de banalisation de la présence militaire dans la vie quotidienne et à l’installation progressive d’un discours marqué par la logique de confrontation armée.

Nos territoires ne sauraient être considérés comme un simple terrain d’entraînement ou un décor destiné à des scénarios de guerre. L’impact environnemental de ces exercices fait également l’objet de critiques. L’utilisation d’hélicoptères, de véhicules motorisés et le déploiement de troupes sur des espaces naturels ou agricoles engendrent nuisances sonores, perturbations de la faune, émissions de carbone supplémentaires et dégradation des sols.

Il y a également un déficit de concertation démocratique. Les habitantes et habitants concernés estiment être insuffisamment consultés en amont de ces opérations, avec un sentiment d’être placés devant des décisions déjà arrêtées, sans réelle possibilité de participation au débat public.

Plusieurs propositions et revendications persistent :

  • la suspension des exercices militaires jugés trop fréquents (par exemple en Corrèze, deux exercices terrestres et un exercice aérien en moins d’un an) ;
  • un réinvestissement significatif dans les services publics ;
  • l’ouverture d’un débat national sur les orientations en matière de défense et de sécurité.

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