Ces campagnes sont une expérience irremplaçable, notamment dans les plus petites communes pour sonder les têtes et les cœurs de nos populations. Le constat est une nouvelle fois fait que l’abstention gagne encore du terrain. Il y a quelques années, l’on nous disait que les élections présidentielles et municipales étaient comme sanctuarisées dans le cœur des Français. Cette époque est révolue : la défiance à l’égard du politique n’épargne plus les élus qui se trouvent à portée « d’engueulade ».
Je voudrais ici vous livrer un message reçu d’une très ancienne amie de mon village. Comme elle n’avait pas voté au premier tour, je lui avais adressé un message appelant à la mobilisation de tous, comme à une cinquantaine d’autres personnes parmi mes contacts.
Voici son message : « Salut Éric, je me dois de répondre à ton message et comprends ta problématique, toi qui baignes et nages dans le bonheur de la politique depuis ta naissance avec conviction. Mon état d’esprit actuel est d’être écœurée de la politique et, de ce fait, j’en suis désintéressée depuis quelques années. Je suis désolée de te dire que je maintiens ma position de ne pas voter dimanche, tout en croisant les doigts pour ta liste. J’espère que tu comprendras ma position. Bon courage pour la suite. À bientôt. »
Dimanche soir, après notre victoire, je reçois un SMS de sa part : « Félicitations sans ma voix. Bisous. ».
Cet échange m’a touché et permis de mesurer l’ampleur des dégâts dans l’opinion du spectacle politicien trop souvent à l’œuvre au plus haut niveau ou tout près de chez nous. Mais, je vous l’assure, nous avons convaincu des dizaines de personnes à venir voter.
Et nous avons gagné…