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Billet d’humeur

Azov dans L’Huma… vraiment ?

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Mise à jour le 6 février 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Ukraine Média

L’Huma publie un reportage sur l’Ukraine, signé Nicolas Cleuet, un photojournaliste de l’agence Le Pictorium, basée à Marseille. Ce n’est pas la première fois que le quotidien « fondé par Jean Jaurès » a recours à cette agence et à ce journaliste, disons-le plutôt pro ukrainien. Après tout, c’est - hélas ! - la ligne du journal.

Par Bernard Frédérick, correspondant à Moscou pour l’Humanité, de 1986 à 1991.

Cette fois, cependant, à la lecture de cet article, on demeure quelque peu choqué, pour ne pas dire totalement indigné, par le choix fait par le journaliste et le journal qui le publie.

En effet, l’une des premières personnes interviewées est présentée comme « Valeryi, officier recruteur pour le 3ᵉ Corps d’Armée, anciennement bataillon Azov ». Ce bataillon « Azov » est issu d’une milice néonazie qui empruntait, jusqu’il y a peu de temps, son emblème à la division SS Das Reich : le Wolfsangel.

Le mouvement Azov, à la fois mouvement politique et paramilitaire, a été fondé après le coup d’État de 2014 par Andriy Biletsky, qui dirigeait auparavant l’organisation paramilitaire fasciste « Patriotes d’Ukraine », et qui est un suprématiste blanc pur et dur qui a déclaré en 2010 que la mission de l’Ukraine était de « mener les races blanches du monde dans une croisade finale… contre les Untermenschen [sous-hommes] dirigés par des Sémites ».

Azov se réclame de l’héritage des organisations nationalistes ukrainiennes, collaboratrices des nazis, telles que l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN-B) et l’Armée d’insurrection ukrainienne (UPA), responsables du massacre de dizaines de milliers de Juifs, de Polonais et d’Ukrainiens pendant la Seconde Guerre mondiale.

Azov a été incorporé dans la Garde nationale ukrainienne, à la demande des Américains, qui refusaient d’armer la milice. Ce fut la légalisation de ce groupe fasciste comme régiment de l’armée ukrainienne.

Entre 2015 et 2016, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a dénoncé la participation des Azovistes à des crimes de guerre, notamment des pillages massifs, des détentions illégales et des actes de torture.

Enfin, cerise sur le gâteau, le gentil Valeryi de Nicolas Cleuet nous est présenté comme un « officier recruteur », c’est-à-dire qu’il appartient à ces personnes qui chassent littéralement les hommes dans les rues et les transports publics, pour les envoyer directement sur le front où ils meurent par milliers.

On attendait autre chose d’un journal « fondé par Jean Jaurès ».

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