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Avant qu’il ne soit trop tard, se lever contre le nouveau maccarthysme européen

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Mise à jour le 3 janvier 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Ukraine Russie Union européenne Justice

Douze personnes physiques citoyens russes, de l’UE ou de pays tiers, prétendus agents de la déstabilisation russe en Europe viennent d’être sanctionnés par l’UE. La décision prise par un règlement d’exécution du Conseil de l’UE à l’unanimité des États membres ne repose sur aucune infraction pénale et ne fait suite à aucun procès. Il s’agit d’une sanction administrative pour des prises de position jugées « indésirables » et qualifiées de relais « de la propagande du Kremlin » dans le cadre d’une « guerre hybride qui s’intensifie ».

Depuis octobre 2024, Bruxelles, avec le soutien actif de la France, a tranché : diverger du récit officiel sur l’Ukraine suffit à tomber sous le coup de mesures administratives particulièrement sévères : gels d’avoirs ou interdiction d’entrée dans l’UE.

Parmi les personnalités ciblées par la dernière salve, plusieurs chercheurs russes du forum de Valdaï, des personnalités éminentes à l’expertise reconnue, régulièrement consultés et cités par les diplomates occidentaux en poste à Moscou pour leurs analyses de la politique étrangère russe. Ils sont désormais sanctionnés par l’UE au motif de relayer la « propagande du Kremlin » sur la guerre en Ukraine, en pointant systématiquement la responsabilité de l’Ukraine et de l’Occident. D’autres motifs d’accusations sidérants pointent la responsabilité de ces chercheurs dans la promotion d’un monde multipolaire et d’un sud global coopérant avec la Russie.

S’agissant de Jacques Baud, citoyen suisse et ancien gradé des services de renseignement de ce pays, il est accusé de régulièrement intervenir dans des émissions de TV ou chaines internet qualifiées de pro russes et ainsi de participer à la déstabilisation d’un pays tiers (l’Ukraine).

Ces mesures ne sont pas liées à des infractions, des délits ou des crimes, elles visent des opinions et des analyses, celles qui n’adhèrent pas à la ligne dominante sur la guerre en Ukraine ou sur les relations internationales. Le signal est adressé à tous ceux qui oseraient s’écarter du narratif en vigueur à Bruxelles, dans la plupart des capitales européennes ou dans l’immense majorité des médias grand public. En passant d’une simple invisibilisation des discours alternatifs à l’emploi de sanctions lourdes, une nouvelle étape est franchie dans le déploiement d’une chape de plomb idéologique sur l’UE.

Le fait de partager ou non l’analyse ou l’orientation politique de ces personnalités est dans ce cas parfaitement secondaire. Être « pro-russe » — quand bien même ce serait le cas — n’est pas un délit. La mesure administrative tombe, avec pour seule justification un paragraphe de dix lignes préparé par un fonctionnaire de la Commission européenne. Aucune possibilité de débat contradictoire. La séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire est allègrement bafouée par une bureaucratie européenne en roue libre, vexée par son incurie économique et diplomatique, mais encore soutenue par la plupart des gouvernements de l’UE. Le ministre français Jean-Noël Barrot, qui s’est gaussé publiquement de ces sanctions, fait injure à la diplomatie française, qui devrait défendre la liberté d’expression et le pluralisme.

L’Union européenne ouvre là une nouvelle brèche particulièrement dangereuse. L’exécutif von der Layen et Kaja Kallas affectionne tout particulièrement l’instrumentalisation du conflit russo-ukrainien pour cranter de nouvelles compétences non prévues par les traités. Un nouveau maccarthisme se déploie sur le continent. Ne pas s’opposer de manière forte à ces pratiques, c’est ouvrir la porte, demain, à la possibilité que les idées communistes, pacifistes et anti-impérialistes puissent être condamnées par une simple décision exécutive de l’UE. C’est déjà le souhait ardent de nombreux anti-communistes aux manettes à Bruxelles et dans les capitales européennes. Camarades, attention danger.

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