Des chercheurs de l’Université Nationale des Sciences et Technologies (MISiS) à Moscou ont mis au point une nouvelle génération de panneaux solaires basés sur la pérovskite, un minéral découvert au XIXᵉ siècle et désormais produit en laboratoire. Contrairement aux cellules en silicium classiques, cette technologie présente une efficacité annoncée comme dix fois supérieure. Elle est aussi conçue pour fonctionner dans des environnements extrêmes, jusqu’aux latitudes arctiques.
Une percée russe dans le solaire de nouvelle génération
Cette capacité ouvre des perspectives stratégiques. Pour un pays comme la Russie, qui cherche à diversifier ses revenus énergétiques tout en consolidant ses positions dans l’Arctique, disposer d’un panneau solaire capable de produire même sous des températures négatives est un atout de taille. De plus, la pérovskite peut être intégrée à des dispositifs légers et modulables, ouvrant la voie à des usages militaires, civils et industriels.
Moscou, longtemps perçue comme dépendante de ses hydrocarbures, montre ainsi sa volonté de ne pas rester en marge de la révolution verte. Cette innovation pourrait rééquilibrer un marché dominé par la Chine, l’Europe et les États-Unis, et offrir aux BRICS une capacité technologique partagée.
Les BRICS accélèrent la transition énergétique
L’intérêt de la Russie pour la pérovskite s’inscrit dans une dynamique plus large au sein des BRICS. Chaque membre explore des voies propres mais convergentes vers une transition énergétique qui n’est plus un luxe, mais un impératif économique et géopolitique.
Au Brésil, le président Lula da Silva compare la transition verte à une nouvelle révolution industrielle, considérant que l’industrie nationale pourra gagner en compétitivité grâce à un mix dominé par l’hydroélectricité et la biomasse. En Iran, un vaste parc solaire inauguré à Ispahan symbolise l’effort d’indépendance énergétique, malgré les sanctions occidentales.
La Chine, déjà leader mondial de la production photovoltaïque, vise à porter à 30 % la part des énergies non fossiles dans sa consommation totale d’ici 2035, tout en consolidant ses positions dans le stockage et les batteries. Quant à l’Inde, elle multiplie les parcs solaires et éoliens pour accompagner sa croissance démographique et industrielle.
Dans ce contexte, la percée russe ne relève pas d’une simple annonce scientifique : elle illustre la volonté des BRICS de bâtir une économie verte souveraine, en marge des dépendances technologiques occidentales. L’ONU rappelle que, dès 2024, les investissements mondiaux dans les énergies propres ont été deux fois supérieurs à ceux dans les énergies fossiles. Le mouvement est désormais irréversible.
Qu’est-ce que la pérovskite ?
La pérovskite est un minéral découvert en 1839, dont la structure cristalline est aujourd’hui reproduite artificiellement pour fabriquer des cellules photovoltaïques. Ses atouts :
- Rendement potentiellement très élevé,
- Coût de production inférieur au silicium,
- Fonctionnement efficace en faible luminosité et par temps froid.
Si les défis de stabilité et de durabilité à grande échelle sont relevés, cette technologie pourrait transformer le marché mondial du solaire.