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Palácio do Planalto - CC BY-ND 4.0
À l'ONU

Xi Jinping tacle Trump sur le climat

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Mise à jour le 3 octobre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

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Chine Environnement Donald Trump

À New York, la scène ressemblait à un duel à distance. La veille, Donald Trump s’était offert un numéro pro-pétrole devant l’ONU, raillant la « plus grande arnaque jamais menée contre le monde » qu’est, selon lui, la lutte contre le réchauffement. Vingt-quatre heures plus tard, Xi Jinping a pris le contre-pied total : « L’avenir appartient aux énergies propres », a lancé le président chinois dans un message vidéo, dévoilant un nouvel objectif climatique chiffré.

Pour la première fois, la Chine se fixe une réduction nette de 7 à 10 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035, par rapport à un pic qui pourrait être atteint dès cette année. Pékin n’allait jusqu’ici pas plus loin qu’un pic avant 2030 et la neutralité carbone en 2060 ; l’annonce marque un pas symbolique et politique. La deuxième économie du monde affirme son cap, quand Washington tourne le dos à l’accord de Paris.

Multiplier par six l’éolien et le solaire

Xi a surtout promis de « multiplier par six » la capacité éolienne et solaire par rapport à 2020, pour atteindre 3 600 gigawatts. Dans les déserts chinois, des projets de panneaux photovoltaïques équivalant au triple de la capacité électrique de la France doivent voir le jour d’ici 2030. Déjà premier installateur mondial de renouvelables, Pékin consolide sa position de superpuissance verte : batteries, turbines, panneaux… L’ensemble de la chaîne industrielle est dominé par ses usines.

L’affrontement va bien au-delà de la tribune onusienne. Trump promet une « renaissance fossile ». Xi, lui, mise sur une expansion industrielle massive pour sécuriser l’électricité de demain, tout en renforçant la souveraineté énergétique de la Chine. Entre un projet de relance pétrolière américaine et un pari chinois sur le solaire, ce sont deux visions qui s’opposent entre, d’une part, le court-termisme fossile et, d’autre part, la planification étatique et la conquête des filières stratégiques.

Bataille industrielle mondiale

Si pour certaines ONG l’objectif chinois reste « timide », d’autres, comme Greenpeace Asie, saluent le signal envoyé aux marchés mondiaux : l’économie du futur marchera aux énergies propres, qu’importe la rhétorique trumpiste. « Un objectif plancher, pas un plafond », estime l’expert Lauri Myllyvirta, affirmant qu’au rythme actuel, Pékin dépassera de toute façon ses propres objectifs.

L’annonce est aussi un avertissement à l’Europe et aux États-Unis. En investissant massivement dans les renouvelables, Pékin entend garder une longueur d’avance sur les technologies clefs. Qu’importent les mesures protectionnistes, la capitale compte avancer. Entre New York et Pékin, deux récits s’entrechoquent. Mais c’est la Chine, « atelier des technologies vertes », qui montre aujourd’hui le chemin en la matière.

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