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Chiffres définitifs

La France continue de se désindustrialiser, quoi qu’en dise le gouvernement

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Mise à jour le 27 février 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Industrie Automobile Dunkerque Sidérurgie ArcelorMittal

En 2025, 124 usines ont été placées en procédure de sauvegarde, en redressement ou en liquidation, ou ont annoncé leur fermeture. En face, 86 ouvertures ont été recensées, auxquelles s’ajoutent 62 extensions de sites existants. Le solde reste nettement négatif. Plus de 10 000 emplois sont aujourd’hui en péril.

C’est le résultat définitif du baromètre annuel mené par nos confrères de L’Usine nouvelle et d’ICI (ex-France Bleu) pour l’année 2025. De quelles ouvertures parle-t-on ? Sur le même sujet France : Le mensonge de la réindustrialisation Si des inaugurations ont bien eu lieu – à commencer par la gigafactory de batteries Verkor à Dunkerque ou de nouveaux investissements dans l’aéronautique et la pharmacie – une part significative des montants annoncés provient de projets de data centers, souvent chiffrés à plusieurs milliards d’euros, étalés sur de longues années et dont la concrétisation reste incertaine. Ces infrastructures ne jouent pas le même rôle productif qu’une aciérie, une fonderie ou un site chimique. Dans le même temps, les secteurs traditionnels de l’industrie française continuent de vaciller. Automobile, métallurgie, chimie : ce sont les maillons essentiels des chaînes de valeur qui sont fragilisés. Les exemples se multiplient, des équipementiers aux sites historiques. Le gouvernement, lui, défend sa ligne. Le ministre de l’Industrie maintient que sa politique est la bonne et rappelle…Usine nouvelle et d’ICI (ex-France Bleu) pour l’année 2025.

De quelles ouvertures parle-t-on ?

Si des inaugurations ont bien eu lieu – à commencer par la gigafactory de batteries Verkor à Dunkerque ou de nouveaux investissements dans l’aéronautique et la pharmacie – une part significative des montants annoncés provient de projets de data centers, souvent chiffrés à plusieurs milliards d’euros, étalés sur de longues années et dont la concrétisation reste incertaine. Ces infrastructures ne jouent pas le même rôle productif qu’une aciérie, une fonderie ou un site chimique.

Dans le même temps, les secteurs traditionnels de l’industrie française continuent de vaciller. Automobile, métallurgie, chimie : ce sont les maillons essentiels des chaînes de valeur qui sont fragilisés. Les exemples se multiplient, des équipementiers aux sites historiques.

Le gouvernement, lui, défend sa ligne. Le ministre de l’Industrie maintient que sa politique est la bonne et rappelle qu’entre 2018 et 2024, 180 000 emplois industriels ont été recréés et que plus de 450 usines ont rouvert depuis 2022. Pour lui, les orientations prises sont justes, les difficultés actuelles s’expliquant avant tout par une concurrence internationale jugée déloyale.

Mais cette lecture évite une question centrale : quelle industrie reconstruit-on réellement ? Une industrie d’assemblage dépendante de capitaux extérieurs, ou une base productive complète, capable d’assurer l’autonomie technologique et la solidité des territoires ?

L’exemple ArcelorMittal

Dans le décompte gouvernemental figurent des extensions de sites et des promesses d’investissement encore lointaines. Le cas ArcelorMittal est éclairant. Si le géant sidérurgique a annoncé – ce n’est pas la première fois – un investissement important sur ses sites de Dunkerque et Mardyck, la situation est plus contrastée qu’il n’y paraît.

Le 10 février dernier, en présence d’Emmanuel Macron, l’entreprise a confirmé la mise en service d’un premier four à arc électrique à l’horizon 2029. Pas moins de 1,3 milliard d’euros sont annoncés – sans que la part de financement public soit précisément connue. Avec une capacité prévue de 2 millions de tonnes par an, il s’agirait du plus grand d’Europe. Une bonne nouvelle, a priori.

Mais ce projet reste en deçà de l’investissement initialement prévu en 2022 puis abandonné, qui portait sur deux fours à arc électrique et une unité de réduction directe (DRI). En parallèle, rien n’est clairement annoncé pour les hauts-fourneaux existants, dont le HF4 de Dunkerque, dont l’avenir paraît incertain.

Qu’en conclure ? Que les chiffres agrégés masquent d’autres réalités : sous-utilisation des capacités existantes, vieillissement des outils, réduction possible des volumes produits. Deux hauts-fourneaux totalisant 5,5 millions de tonnes par an pourraient, à terme, être remplacés par un seul four électrique de 2 millions de tonnes.

La question n’est donc pas seulement celle du nombre de sites ouverts ou modernisés. Elle est celle du maintien – ou non – d’une capacité industrielle complète, de l’amont à l’aval. C’est là que se joue la réalité de la réindustrialisation.

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