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Sidérurgie

Après le désastre Novasco, l’État réclame des comptes à Greybull

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Mise à jour le 31 janvier 2026
Temps de lecture : 2 minutes

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Industrie Sidérurgie

Le dossier Novasco était censé être clos. Il ne l’est pas. Deux mois après la liquidation de trois des quatre sites de l’ex-aciériste, l’État engage une action en responsabilité civile contre l’ancien actionnaire, le fonds britannique Greybull Capital. Montant réclamé : 95 millions d’euros. Une somme à la hauteur d’un fiasco industriel et social qui a laissé 531 salariés sur le carreau.

L’annonce a été faite ce lundi à Bercy par le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin. En cause, le non-respect flagrant des engagements pris par Greybull lors de la reprise d’Ascométal, rebaptisé Novasco, à l’été 2024. Le fonds s’était alors engagé à injecter 90 millions d’euros. Dans les faits, seuls 1,5 million ont été versés. Le reste n’est jamais venu.

L’État, lui, a tenu parole. 85 millions d’euros d’argent public ont été mobilisés pour maintenir l’activité. De quoi faire tourner l’entreprise pendant un an, avant un nouveau redressement judiciaire puis la liquidation prononcée en novembre. Pour Bercy, le lien est clair. La défaillance financière de Greybull a directement conduit à l’effondrement du groupe.

Le fonds britannique invoque un contexte économique dégradé et une situation plus grave que prévu. Des arguments jugés insuffisants. L’État réclame donc le remboursement du prêt, du passif fiscal, des aides versées aux salariés et un préjudice moral. En parallèle, les faits ont été signalés au parquet. La qualification d’escroquerie est désormais évoquée.

Fait rare, l’État et les ex-salariés avancent ensemble. Près de 470 anciens employés, réunis au sein du « Collectif 531 », s’associent à la procédure. Quatre actions distinctes seront engagées, site par site. L’objectif est d’obtenir une indemnisation digne de ce nom, mais aussi de faire reconnaître la faute d’un fonds d’investissement accusé d’avoir joué avec une industrie déjà à l’agonie.

Cette convergence n’efface rien. Ni les emplois perdus. Ni les savoir-faire détruits. Ni la sidérurgie lorraine un peu plus affaiblie. Mais elle marque peut-être un précédent. Reste à savoir si la justice ira au bout.

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