La performance du secteur pétrolier ressort d’autant plus nettement que les autres secteurs boursiers enchaînent les mauvaises performances. À lire aussi : Face à la flambée des carburants, la CGT réclame un encadrement des prix Les géants américains grands gagnants ExxonMobil est en hausse de 11,5% sur un mois et de 40% sur trois mois. L’entreprise vient d’annoncer il y a deux jours la présence d’une équipe technique au Venezuela. Exxon avait traîné l’administration vénézuélienne en justice pendant des années après les nationalisations de l’ère Chávez. À lire aussi On fait le point : Avec Ormuz bloqué, la dépendance européenne au gaz mondial éclate au grand jour Même si 20% de sa production environ est exposée à la crise du détroit d’Ormuz, Exxon profite de ses productions de pétrole états-uniennes et guyanaises, à l’abri de la guerre déclenchée par l’OTAN au Moyen-Orient. Sur les mêmes périodes, Chevron réalise des performances similaires : +13,5% sur un mois et + 40% sur trois mois. L’entreprise a toujours bénéficié d’exemptions aux sanctions américaines et continué d’opérer au Venezuela,…
À lire aussi : Face à la flambée des carburants, la CGT réclame un encadrement des prix
Les géants américains grands gagnants
ExxonMobil est en hausse de 11,5% sur un mois et de 40% sur trois mois. L’entreprise vient d’annoncer il y a deux jours la présence d’une équipe technique au Venezuela. Exxon avait traîné l’administration vénézuélienne en justice pendant des années après les nationalisations de l’ère Chávez.
Même si 20% de sa production environ est exposée à la crise du détroit d’Ormuz, Exxon profite de ses productions de pétrole états-uniennes et guyanaises, à l’abri de la guerre déclenchée par l’OTAN au Moyen-Orient.
Sur les mêmes périodes, Chevron réalise des performances similaires : +13,5% sur un mois et + 40% sur trois mois. L’entreprise a toujours bénéficié d’exemptions aux sanctions américaines et continué d’opérer au Venezuela, se forgeant une bonne place en cas de reprise en main définitive de l’industrie par le capital international.
Au Moyen-Orient, Chevron exploite notamment Leviathan, un gisement gazier considérable exploité par Israël mais sur lequel Libanais et Palestiniens revendiquent des droits, revendications en passe d’être écrasées dans le sang.
Avec BP, le grand retour d’une compagnie coloniale ?
British Petroleum profite particulièrement de la guerre de l’OTAN au Moyen-Orient et signe un joli bond de 22,5% depuis le début des hostilités. La British Petroleum est l’héritière directe de l’Anglo-Persian Oil Company (APOC) chassée d’Iran d’abord par Mossadegh en 1951, qui finira renversé par un coup d’état rouvrant les vannes du pétrole iranien, puis par la révolution islamiste en 1979. En cas de réouverture du marché iranien, l’ancienne compagnie coloniale serait en pole position.
L’autre géant britannique, Shell, est également en hausse de 13% sur un mois. Relativement peu exposée au Moyen-Orient (environ 8% de son chiffre d’affaires), ses installations au Qatar ont cependant été sévèrement touchées par des missiles iraniens, interrompant l’exploitation pour au moins un an.
Total bien positionné en Iran.
Le Français Total gagne 17% sur un mois et 40% sur trois mois. Au moins 15% de la production du groupe est pourtant à l’arrêt, peut-être davantage après les frappes iraniennes sur le terminal de Fujairah, qui permet d’éviter le détroit d’Ormuz via un oléoduc. Au début de la guerre, Total estimait qu’une hausse de 8 dollars du baril suffirait à éponger les pertes. La hausse frôle aujourd’hui les 38 dollars.
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Le groupe pétrolier a déjà un pied en Iran, via son partenariat avec la société nationale iranienne pour l’exploitation de South Pars, potentiellement plus grand gisement de gaz naturel du monde. Lancée dans les années 2000, cette coopération a été interrompue par les sanctions états-uniennes à la fin des années 2010, avant de reprendre par la signature d’un nouveau contrat en 2024.