Pourtant, au mépris du principe constitutionnel qui dispose que « tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité », le peuple français exerce très peu de contrôle sur ces entreprises.
Plus de 20% par les familles des fondateurs
La Bourse de Paris reste l’un des bastions du capitalisme familial. Les actionnaires familiaux détiennent un peu plus de 21% des titres des entreprises du CAC 40. À elle seule, la famille Arnault (LVMH) pèse pour plus de 7%, suivie par les familles Dumas (Hermès) et Bettencourt (L’Oréal) à 5,5% et 3,5%.
17% par des fonds états-uniens
Au total, plus de la moitié des actions du CAC 40 sont détenues par des investisseurs étrangers. En premier lieu par des états-uniens.
Les investisseurs institutionnels américains dominent la quasi-totalité des marchés mondiaux. BlackRock, Vanguard, Fidelity, State Street, JP Morgan constituent le Top 5 de la gestion d’actifs financiers dans le monde. BlackRock, leader mondial, gère un portefeuille d’actifs dépassant 14 000 milliards de dollars à fin 2025, soit 5 à 6 fois la capitalisation boursière totale du CAC 40.
Plus de 10% dans des paradis fiscaux
Une part significative des entreprises du CAC 40 est détenue via des pays à très faible fiscalité comme le Luxembourg (7%), l’Irlande (2%) ou les Îles Caïmans (1,5%), qui sont vraisemblablement des faux nez d’investisseurs d’autres nationalités. La Banque de France elle-même alerte sur la part démesurée du Luxembourg, qui correspond à des fonds d’investissement « dont des parts peuvent être détenues par des résidents d’autres pays ». Un flou qui pèse lourd pour des entreprises de cette importance.
Plus de 10% chez nos voisins directs
Les investisseurs allemands possèdent un peu plus de 4% du CAC 40. L’État allemand lui-même détient plus de 10% d’Airbus. Allianz et la Deutsche Bank (souvent via sa filiale DSW) sont également des investisseurs majeurs.
2 à 3% des parts des entreprises du CAC 40 sont aux mains d’investisseurs anglais. Comme les allemands, les britanniques comptent des gestionnaires d’actifs qui détiennent des centaines de milliards dans leurs portefeuilles : HSBC, Aviva, Schroders, LGIM.
Au contraire, les investisseurs italiens détiennent moins de 2% des titres du CAC40, mais dans le cadre de partenariats industriels, pas d’une gestion passive au sein d’un portefeuille financier. La Cassa Depositi e Prestiti détient 14% de STMicroelectronics pour le compte de l’État italien. La famille Agnelli détient, depuis la fusion avec FIAT, environ 15 à 16% de Stellantis. La famille Del Vecchio détient plus de 30% d’Essilor depuis la fusion avec Luxottica.
2 à 3% par l’État français
L’État est actionnaire de près de la moitié des entreprises de l’indice via différentes structures (Caisse des dépôts, Bpifrance, etc). Parmi les valeurs montantes du portefeuille de l’État, les entreprises de défense (Thalès, Safran, Dassault,...) connaissent une forte croissance dernièrement, tirant vers le haut le poids de l’État actionnaire dans l’indice, pour atteindre 2,5 à 3%.
Les salariés et les particuliers à la marge
Serpent de mer agité par tous les héritiers du gaullisme, l’actionnariat salarié reste marginal dans l’indice, autour de 3%. Les groupes de BTP s’illustrent. Bouygues et Eiffage appartiennent pour près de 20% à leurs salariés, Vinci pour plus de 10%. L’actionnariat salarié reste néanmoins globalement concentré dans les mains des cadres.
Les particuliers français détiennent un peu plus de 5% des actions du CAC 40.