Implantée depuis 1994 sur la zone dite Smartville, l’usine produit des condenseurs pour systèmes de climatisation et des refroidisseurs de batteries pour véhicules électriques. Ses principaux clients, Audi et Ford, ont eux-mêmes engagé des restructurations lourdes à Bruxelles et à Saarlouis. Résultat : les carnets de commandes se sont effondrés. Mahle évoque aujourd’hui des pertes répétées et un marché « de plus en plus difficile ».
Le groupe, dont le siège est à Stuttgart, emploie 60 000 personnes dans le monde. Il prévoit d’arrêter progressivement la production à partir du deuxième trimestre 2026 et de transférer les lignes vers des sites en Pologne, République tchèque et Espagne. Une vingtaine de salariés resteraient sur place quelques mois pour le démontage des équipements.
Pour les syndicats, la décision est brutale, bien qu’annoncée de longue date. Une rupture conventionnelle collective avait déjà réduit les effectifs en 2024, mais la fermeture totale n’était pas envisagée avant 2028. « On sentait venir la fin, pas si tôt », commente un représentant du personnel.
La moyenne d’âge dépasse 50 ans. Beaucoup de salariés ont passé leur carrière dans cette usine. Les perspectives de reclassement local sont limitées, même si le projet de giga-usine de panneaux solaires à Hambach alimente encore quelques espoirs. Les syndicats réclament l’intervention de l’État et de la Région Grand Est pour éviter « un nouveau désert industriel ».
Le bassin mosellan, déjà fragilisé par plusieurs fermetures dans la métallurgie et la sous-traitance automobile, perdrait, avec Mahle, un savoir-faire supplémentaire. Un symbole de plus d’une désindustrialisation silencieuse, mais continue.