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DeepSeek

L’IA chinoise avance, l’Occident refuse de suivre

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Chine Nouvelles technologies Intelligence artificielle

L’émergence rapide de l’intelligence artificielle chinoise DeepSeek marque un tournant dans la compétition technologique mondiale, remettant en question la domination des géants tels qu’OpenAI et Google.

Cependant, ce triomphe technologique est immédiatement suivi par une vague d’interdictions et de restrictions de la part des gouvernements occidentaux et hostiles à la Chine, soulevant des questions sur la véritable nature de ces « menaces à la sécurité ».

Le triomphe de l’open source

DeepSeek, une startup fondée en 2023, s’est positionnée comme un chef de file dans le développement de systèmes d’IA qui rivalisent avec les modèles américains. Pour rappel, un logiciel ou un système open source est un code public : chacun est libre de le consulter, de le modifier et de le partager comme bon lui semble. La Chine veut faire de l’intelligence artificielle comme un bien commun accessible à tous.

La sortie des modèles DeepSeek-V3.2 et DeepSeek-V3.2-Speciale le 1ᵉʳ décembre 2025 démontre que les systèmes open source chinois peuvent égaler, voire surpasser les performances des modèles fermés sur des tâches complexes de raisonnement.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Rivalité directe : V3.2 et V3.2-Speciale atteignent des performances comparables à celles de GPT-5 d’OpenAI et de Gemini 3 Pro de Google, à un coût drastiquement inférieur. Supériorité mathématique : lors de l’examen American Invitational Mathematics Examination 2025 (AIME), DeepSeek-V3.2-Speciale a obtenu un score de 96,0 %, surpassant les 94,6 % de GPT-5 High et les 95,0 % de Gemini 3 Pro. Il est le premier modèle d’IA open source à obtenir une performance de médaille d’or à l’Olympiade Internationale de Mathématiques (IMO). Innovation technique : les modèles V3.2 utilisent la DeepSeek Sparse Attention (DSA), un mécanisme qui réduit les coûts de calcul pour le traitement de longues séquences de texte de 50 à 70 %.

Cette stratégie open source chinoise gagne du terrain : des données récentes montrent que la Chine a dépassé les États-Unis en matière de téléchargements de modèles d’IA open source, capturant 17 % des téléchargements mondiaux contre 15,8 % pour les modèles américains. Cette approche est partiellement une réponse aux sanctions américaines sur l’exportation de puces d’IA avancées.

La dépendance à l’IA américaine diminue et l’innovation chinoise devient un pôle d’attraction pour les pays en quête d’indépendance technologique.

La performance solidaire et commune mise au ban

Face à cette percée technologique et économique, une répression internationale s’organise progressivement contre l’IA chinoise. Les gouvernements occidentaux et leurs alliés invoquent des préoccupations de sécurité et de protection des données pour justifier des interdictions croissantes.

La Belgique a officiellement interdit l’utilisation de DeepSeek à tous les employés du gouvernement fédéral à partir du 2 décembre 2025, après que son Centre pour la Cybersécurité a, semble-t-il, identifié des « risques pour la protection des données ». La ministre de l’Action publique, Vanessa Matz, a souligné que DeepSeek stocke les données des utilisateurs sur des serveurs en Chine. En effet, en vertu de la législation chinoise, les entreprises basées en Chine sont légalement obligées de transmettre les données des utilisateurs aux autorités chinoises, mais nous verrons plus bas qu’il s’agit avant tout d’une panique morale contreproductive…

La Belgique n’est pas isolée. Elle rejoint une liste croissante de pays qui restreignent l’accès à DeepSeek pour leurs services gouvernementaux : l’Italie, Taïwan, l’Australie et la Corée du Sud et certains départements gouvernementaux états-uniens.

Malheureusement, en surfant sur la vague sinophobe, certains pays tirent un trait sur de nombreux avantages. La nature open source permet aux administrations de conserver la maîtrise totale du code et d’adapter les modèles à leurs besoins spécifiques sans dépendre de licences propriétaires onéreuses. Alors que les accusations de tentatives d’ingérence chinoise vont bon train, cette transparence offre, en réalité, une alternative aux « boîtes noires » commerciales, permettant un audit indépendant des algorithmes utilisés par le service public.

Les difficultés rencontrées par DeepSeek, à l’instar de toutes les IA à code source ouvert en évolution permanente, ne se limitent pas aux problèmes techniques de leur développement. Elles soulignent également l’existence d’une lutte idéologique autour de la nature et du contrôle du contenu produit par l’IA. En offrant des outils avancés sans barrières financières, l’IA devient non plus un service élitiste et commercialisé par quelques grands monopoles, mais un bien public.

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