Créée en 1994 par le Suédois Ericsson, cette technologie d’échanges de données sans fil est détenue par un consortium international, le Bluetooth Special Interest Group (SIG), comprenant entre autres les fabricants Intel, IBM, Nokia et Toshiba.
Le SIG gère les normes Bluetooth (la norme 1.0, 2.0, jusqu’à aujourd’hui la 6.0) et octroie les licences aux industriels qui veulent intégrer cette technologie à leurs produits.
Les propriétaires de Bluetooth récupèrent ainsi, pour chaque produit, les frais de déclaration de nombre de fabricants et, d’autre part, les cotisations de dizaines de milliers d’entreprises membres (qui paient 7 500 à 35 000 dollars par an).
Les constructeurs chinois développent leur propre protocole
Dans le contexte des sanctions américaines contre la Chine, Huawei, qui gère les réseaux de télécommunication chinois, notamment le réseau 5G, s’est vu interdire l’utilisation d’Android et a dû développer son propre système d’exploitation pour ses smartphones : HarmonyOS. Les États-Unis ont également interdit la fourniture de puces électroniques au géant chinois, qui s’est adapté grâce à la production nationale.
Autant dire que la technologie Bluetooth, qui exige des accords de licence contrôlés par un consortium occidental, présente des risques importants pour le développement du secteur chinois des télécommunications.
Fin 2023, Huawei a lancé la commercialisation d’une nouvelle technologie de connexion sans fil à courte portée qui pourrait être considérée comme un concurrent potentiel du Bluetooth et du Wi-Fi. Au-delà de la question pressante de la souveraineté et de la guerre commerciale, c’est un tout nouveau protocole, appelé chez nous NearLink, qui promet d’être moins énergivore et plus performant que son concurrent occidental.
Une technologie innovante à l’abri des sanctions américaines
Les caractéristiques de NearLink sont étonnantes :
- Consommation d’énergie réduite de 60 % par rapport aux technologies traditionnelles
- Multiplication par 6 du débit de transmission de données
- Réduction de la latence de connexion
- Prise en charge jusqu’à 10 fois plus de connexions
Le protocole chinois pourrait ainsi être un avantage considérable pour le développement de l’Internet industriel des objets (IoT), au cœur de l’industrie intelligente. Capable de connecter massivement des capteurs et des équipements, il peut contribuer au progrès de la production et de la maintenance. Pour les appareils sur batterie, sa faible consommation d’énergie est aussi un atout.
De nombreuses entreprises chinoises travaillent avec Huawei pour développer cette nouvelle technologie. Reste à savoir quand elle sera autorisée chez nous.