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Innovation

Dans le secteur des technologies vertes, la Chine cherche à corriger les excès

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Mise à jour le 31 janvier 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Chine Industrie Énergie

Symbole récent de la réussite industrielle chinoise, les technologies vertes se développent dans une concurrence interne intense, peut-être de façon excessive pour être viable à long terme. Un phénomène que le pouvoir qualifie d’« involution » et qui pousse l’État à reprendre la main sur une planification devenue presque trop efficace dans son objectif de réduire les coûts de la décarbonation en générant un marché trop féroce.

Nous avons déjà pu lire dans les colonnes de Liberté Actus comment la Chine a développé une maîtrise technologique et industrielle exceptionnelle des innovations vertes : voitures électriques, panneaux solaires et batteries au lithium en tête. Il suffit d’observer le parc automobile dans une ville comme Pékin ou Shanghai pour voir l’avance impressionnante de l’Empire du Milieu sur les véhicules électriques. Cette réussite n’est pas le fruit du hasard mais d’une planification ambitieuse qui s’est progressivement imposée au fil des plans quinquennaux initiés par le gouvernement central mais mis en œuvre de façon décentralisée.

Les facteurs de la réussite sont nombreux : investissement en recherche et développement, stratégies gagnantes comme l’intégration verticale, concurrence intérieure darwinienne qui ne laisse la place qu’aux entreprises les plus efficaces. Alors voilà, la planification a porté ses fruits, mais peut-être même trop à en croire les autorités elles-mêmes à travers l’usage du terme « involution » (Nèijuǎn), littéralement « s’enrouler vers l’intérieur ».

L’involution : une concurrence effrénée mais vaine

Le terme d’involution a été utilisé dès 2024 par le Politburo, puis il a été rigoureusement défini par la revue théorique du comité central Qiushi comme un « phénomène de concurrence malsaine où les acteurs économiques, pour maintenir leur position ou se disputer un marché limité, investissent sans cesse d’importantes ressources et énergies sans engendrer une croissance des bénéfices ». Concrètement, ce qui est dénoncé, c’est le phénomène de surinvestissement et de baisse continue des prix dans le but d’éliminer la concurrence. Les entreprises du secteur se poussent les unes les autres à vendre à perte, ainsi elles éliminent la concurrence mais se fragilisent elles-mêmes. Par conséquent, nombre de ces entreprises chinoises qui deviennent pourtant de plus en plus hégémoniques mondialement peinent à dégager des bénéfices.

Ce qui semble le plus crisper Pékin, c’est que les gouvernements locaux ont une responsabilité dans le phénomène en finançant de manière extensive et en donnant des avantages (y compris illégaux) afin que chaque province obtienne son propre champion. Paradoxalement, ces efforts locaux d’application enjouée mais désordonnée des objectifs nationaux créent indirectement des problèmes macro-économiques, notamment de la déflation. Cela laisse aussi penser que les ressources et les énergies pourraient être mieux utilisées que dans une guerre interne débouchant sur des vainqueurs aux fondations fragiles.

Éduquer le capital, rectifier le tir

Une avance technologique, des moyens de production de qualité, des voitures électriques et des panneaux solaires bon marché : il y a pire comme problème quand on compare à nos balbutiements en France dans ce même domaine. Néanmoins, le gouvernement chinois s’acharne à rectifier le tir en « éduquant le capital » grâce à une récente circulaire qui interdit les ventes à perte tout en limitant les libertés des provinces pour éviter qu’elles ne se ruent de façon désordonnée sur la prochaine technologie mise en avant par le gouvernement. Cette véritable autocritique des autorités démontre le recul que semble être en capacité de prendre le pouvoir chinois sur ses propres politiques publiques.

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