Pendant ce temps, la croissance de la dette publique est relativement plus lente. En part du Produit intérieur brut, elle passe de 110 % du PIB en 2024, à 114 % en 2025, soit une hausse de 3,6 %.
La charge de la dette augmente plus vite que la dette publique
Le problème est que la charge de la dette représente désormais près de 10 % des dépenses de la nation. Son poids dans le budget de l’État augmente, car elle progresse plus vite que les recettes fiscales. Ces milliards d’euros sont transférés des Français vers les financiers.
Cela pose un problème d’allocation des richesses, mais aussi de capacité de l’État à rembourser ses dettes. En effet, chaque année, la France doit non seulement payer les intérêts de la dette (59 milliards d’euros en 2024), mais également rembourser les emprunts arrivés à échéance (environ 155 milliards d’euros en 2024). Comme il est actuellement impossible de financer simultanément ces deux postes à partir des recettes fiscales, l’État rembourse les anciens emprunts avec de nouveaux emprunts.
Le hic : il faut payer des intérêts sur ces nouveaux emprunts et, depuis quelques années, le coût de l’emprunt (taux d’intérêt) est de plus en plus cher. En contractant de nouvelles dettes pour rembourser les anciennes arrivées à terme, l’État augmente donc la charge de sa dette.
Petite hausse des taux d’intérêt, grande différence sur le montant total de l’emprunt
Ce n’est pas tout ! Il y a une deuxième manière d’augmenter la charge de la dette, et c’est ce qui se passe : faire de nouveaux emprunts pour solder le déficit public (155 milliards d’euros en 2024). Finalement, c’est sur pas moins de 300 milliards d’euros (refinancement + déficit) que l’État doit payer des taux d’intérêt en hausse. Une variation de 3,5 % à 3,6 % coûterait donc 300 millions d’euros.
Ce n’est pas malheureusement pas tout ! La France doit aussi financer sa dette à court terme : 150 milliards d’euros supplémentaires… Comment ? On parle plus haut des obligations de l’État à moyen et long terme. Mais l’État émet aussi des bons du Trésor pour couvrir ses besoins de trésorerie immédiats et ce n’est pas gratuit non plus.
Au bout des choses, la charge de la dette représente près de la moitié du déficit public. L’État s’endette sur les marchés internationaux pour leur transférer une part croissante de la richesse nationale.
Est-ce que ça peut continuer ?
Techniquement, oui. Le risque de prêter à la France augmente, donc les taux d’intérêt grimpent, mais il y a toujours plus de demande d’obligations françaises que d’offre. En d’autres termes, les financiers aimeraient nous acheter encore plus de parts de notre dette publique.
Enfin, pour l’instant. Rappelons que 55 % des obligations sont détenues par des investisseurs étrangers. Si on écarte celles rachetées par la Banque de France, on monte à 73 % de non-résidents. C’est 80 % pour les bons du Trésor.
Autant dire que les marchés internationaux ont un important levier de pression sur les politiques menées en France. Ils peuvent littéralement nous faire payer le prix d’une politique qui les contrarie.