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Eduard Goricev/shutterstock
Dans le Tarn

Porc, abats et diplomatie : la guerre commerciale frappe la France

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Mise à jour le 21 novembre 2025
Temps de lecture : 4 minutes

Mots -clé

Chine Industrie Union européenne Agroalimentaire Guerre commerciale

Les salaisonniers du Tarn ont récemment rencontré le député Philippe Bonnecarrère pour l’alerter sur les difficultés qu’ils rencontrent, notamment depuis le relèvement des droits de douane à l’importation de leurs produits en Chine.

Quand on abat un animal, seule une partie finit sur nos étals de boucherie : ce sont les morceaux dits « nobles ». Le reste — abats, peau, os, graisse, sang — forme ce qu’on appelle le cinquième quartier. Longtemps considéré comme un sous-produit, ce segment constitue en réalité un marché à forte valeur ajoutée.

Les abats, par exemple, sont très appréciés dans de nombreux pays, notamment en Chine, où ils font partie intégrante de la cuisine traditionnelle. Pour la France, ce commerce permet de valoriser l’intégralité de la carcasse et de limiter le gaspillage alimentaire.

Pourquoi la Chine a relevé ses droits de douane

Depuis 2024, les relations commerciales entre la Chine et l’Union européenne se sont tendues. Pékin a relevé les droits de douane sur le porc européen, en représailles à certaines mesures prises par Bruxelles, notamment sur les véhicules électriques chinois.

Cette décision touche directement les abats, pourtant très prisés par les consommateurs chinois. Autrement dit, ce ne sont pas des raisons sanitaires ou de qualité qui bloquent le commerce, mais bien un différend géopolitique plus large entre la Chine et l’Europe — différend attisé par Washington, dans lequel la France se retrouve prise en étau.

Des risques importants pour la filière porcine française

La Chine est un client essentiel pour la filière porcine française : elle achète les produits que les Européens consomment peu, comme les oreilles, les pieds, la langue ou le foie. Si les taxes chinoises se maintiennent, les exportations françaises pourraient chuter brutalement, entraînant :

  • une baisse de revenus pour les éleveurs et abattoirs,
  • une hausse des coûts de traitement des sous-produits non vendus,
  • et une perte de compétitivité face à d’autres pays fournisseurs, comme le Brésil ou les États-Unis.

Au-delà des salaisonniers du Tarn, c’est toute la chaîne porcine nationale qui pourrait être fragilisée.

Coopérer plutôt que subir

Il serait dans l’intérêt de la France que le gouvernement renforce le dialogue économique direct avec la Chine, afin de maintenir ouvert ce marché stratégique du cinquième quartier.

Avec ses 1,4 milliard d’habitants, la Chine demeure le premier consommateur mondial de protéines animales.

Préserver nos exportations d’abats vers ce pays suppose toutefois que la France sache défendre ses propres intérêts au sein de l’Union européenne, et cesse de s’aligner sur les pressions américaines.

Si la France veut garantir des débouchés à ses industries et à ses producteurs, elle doit retrouver une autonomie diplomatique et économique réelle, fondée sur la coopération équilibrée plutôt que sur la soumission à l’impérialisme états-unien.

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