À sa création, le but de l’OPEP était de lutter contre la baisse du prix du baril de pétrole (5 dollars à l’époque). Le faible prix du baril profitait à la croissance économique des pays industrialisés aux dépens des pays émergents producteurs de pétrole.
| L’OPEP en résumé | |
|---|---|
| Création | 14 septembre 1960 à Bagdad (Irak) |
| Pays fondateurs | Irak, Iran, Koweït, Arabie saoudite et Venezuela |
| Autres membres actuels | Libye, Émirats arabes unis, Algérie, Nigéria, Gabon, Guinée équatoriale, Congo-Brazzaville |
| Part des réserves estimées | 70 % à 80 % des réserves mondiales |
| Part des exportations de pétrole brut | 45 % environ |
| Anciens membres | Qatar, Équateur, Angola |
| OPEP+ (format élargi à des pays non-membres) | Russie, Kazakhstan, Mexique, Brésil, Soudan, etc. |
| Principaux producteurs hors de l’OPEP | États-Unis, Russie, Canada, Chine, Brésil |
Rôle dans l’évolution des prix du baril
L’OPEP a marqué l’histoire du cours du pétrole lors de plusieurs épisodes marquants. Deux leviers sont utilisés : les quotas de production (nombre de barils par jour) et les prix à l’exportation.
En 1973, au lendemain de la Guerre du Kippour, l’OPEP a réduit la production de barils et a décrété un embargo sur les pays alliés d’Israël. Le prix du baril passe de 3 à près de 12 dollars. C’était possible à l’époque, car les États-Unis avaient atteint un pic de production et dépendaient davantage de la production mondiale.
Après la Révolution iranienne de 1979, le baril atteint 40 dollars, conséquence de la baisse des exportations d’un des plus importants producteurs. Par la suite, les pays de l’OPEP ont réaugmenté leurs productions, favorisant parfois des chutes de prix.
Lors de la crise financière de 2008, le prix du baril de pétrole chute et l’OPEP réagit en réduisant sa production pour le faire remonter au-dessus de 50 dollars.
Mais depuis que les États-Unis sont devenus un producteur important de gaz et pétrole de schiste, la production mondiale a parfois dépassé la consommation. En 2014, l’OPEP arrête de soutenir les prix du baril pour avoir une production plus compétitive face au pétrole de schiste. Cependant, elle continue à réduire plusieurs fois les quotas pour renforcer les prix.
Les limites à l’action de l’OPEP
Il faut comprendre que l’OPEP est un outil de rapport de forces pour les pays qui en sont membres, mais elle n’est pas toute-puissante, loin de là.
D’abord, les principales compagnies pétrolières, qui combinent contrôle des marchés et grandes capacités de raffinage, sont occidentales : BP, Chevron, ExxonMobil, Shell et Total. Leurs concurrents sont russes (Gazprom), chinois (PetroChina, Sinopec), brésiliens (Petrobras) et saoudiens (Saudi Aramco, seul concurrent majeur issu de l’OPEP).
Par ailleurs, le prix du baril de pétrole n’est pas fixé seulement par l’OPEP, mais surtout par les marchés internationaux, car d’autres pays produisent du pétrole. Dans le top 10 des producteurs, 5 pays ne sont pas membres de l’OPEP. Ce qui explique la nécessité pour l’OPEP de négocier avec la Russie ou le Brésil.
Les moyens de pression de l’OPEP dépendent donc beaucoup du pic de production des autres pays et de leur capacité à répondre ou non à une demande mondiale supplémentaire. Si l’OPEP baisse ses quotas mais que, dans le même temps, les prix n’augmentent pas assez, en raison d’autres producteurs qui en profitent pour accroître leurs exportations, elle perd des revenus pétroliers.
Dépendance financière et technologique
Autre problème, le prix de vente du baril influe en retour sur la rentabilité de la production de pétrole et en conséquence sur le volume qu’il est possible d’extraire de manière rentable, aux yeux des sociétés concernées. Un trop faible prix du baril, déterminé par des causes externes à l’OPEP, peut rendre les coûts de production relativement trop importants. Mais ils ne peuvent pas produire à perte.
C’est le cas par exemple pour le Venezuela, qui rencontre des difficultés d’approvisionnement en technologies nécessaires à sa production. Son nombre de barils par jour est bien en dessous des quotas fixés par l’OPEP, alors que son économie dépend largement des exportations de pétrole brut.
Enfin, difficulté de taille face aux premiers producteurs mondiaux que sont les États-Unis : la dépendance au cours du dollar. Les pays de l’OPEP ont intérêt à un dollar « fort », puisque les revenus pétroliers sont libellés en dollars. Une forte dévalorisation du dollar peut donc être catastrophique pour ces pays.
On sait que, de plus en plus, les échanges commerciaux peuvent se libeller dans d’autres monnaies, ce qui peut toutefois exposer les pays concernés à des représailles américaines.