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Industrie navale

Les chantiers navals racontent la bascule industrielle du monde

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Mise à jour le 20 mars 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Chine Industrie Commerce États-Unis Union européenne Royaume-Uni Asie

La Commission européenne a dévoilé le 4 mars sa feuille de route consacrée à la construction navale, en parallèle de son « Industrial Accelerator Act ». Un secteur stratégique puisque près de 90% du commerce mondial transite par la mer.

Cette volonté de reconquérir des parts de marché n’est pas sans rappeler des initiatives similaires déployées ces dernières années aux États-Unis. Véritable épine dorsale du commerce mondial, le transport maritime illustre à lui seul la grande bascule industrielle à l’œuvre dans l’économie mondiale. De l’Europe à l’Asie, un basculement industriel Sur le même sujet Notions : Chaîne de valeur, chaîne de production et chaîne d’approvisionnement : quelles différences ? Les chantiers néerlandais, britanniques, français et allemands dominaient tout le long du XIX siècle avant de laisser place, dès les années 1960, au Japon et à la Corée du Sud ; une situation comparable à l’industrie automobile. Tous sont aujourd’hui dépassés par la Chine, qui concentre à elle seule près de 55% des livraisons mondiales de navires. Pour l’Europe, la chute est spectaculaire. Malgré près de 300 chantiers navals et quelque 28 000 fournisseurs d’équipements, le continent ne représente plus que quelques pourcents de la production mondiale. Le Vieux Continent s’est progressivement spécialisé dans des segments à forte valeur ajoutée –…

De l’Europe à l’Asie, un basculement industriel

Les chantiers néerlandais, britanniques, français et allemands dominaient tout le long du XIX siècle avant de laisser place, dès les années 1960, au Japon et à la Corée du Sud ; une situation comparable à l’industrie automobile.

Tous sont aujourd’hui dépassés par la Chine, qui concentre à elle seule près de 55% des livraisons mondiales de navires.

Pour l’Europe, la chute est spectaculaire. Malgré près de 300 chantiers navals et quelque 28 000 fournisseurs d’équipements, le continent ne représente plus que quelques pourcents de la production mondiale. Le Vieux Continent s’est progressivement spécialisé dans des segments à forte valeur ajoutée – paquebots de croisière, navires militaires ou bâtiments spécialisés – laissant à l’Asie le cœur du marché : vraquiers, porte-conteneurs ou pétroliers.

L’Asie concentre désormais plus de 90% de la construction navale mondiale, alors même que le transport maritime assure près de 90% du commerce international. Une domination industrielle sans équivalent.

Production à l’Est, valeur encore à l’Ouest

Les anciennes puissances occidentales n’ont toutefois pas disparu de la chaîne de valeur. Elles conservent encore une position dominante dans plusieurs activités stratégiques, notamment l’armement maritime et les services d’assurance.

Une fois livrés, les navires sont exploités par les grandes compagnies maritimes, qui captent une part importante de la valeur économique via les revenus du fret, du transport de passagers ou encore des activités offshores.

Parts de marché : Armateurs (conteneurs, 80% fret mondial en valeur)
RangArmateurSiègePart mondiale
1 MSC Suisse 20,6%
2 Maersk Danemark 16,6%
3 CMA CGM France 13,3%
4 COSCO Chine 12,0%
5 Hapag-Lloyd Allemagne 6,9
Parts de marché : Assureurs maritimes
Entreprise Siège Part
Lloyd’s de Londres Royaume-Uni  12-15%
Allianz Allemagne  8-10%
AXA XL France/Suisse  6-8%
Zurich Assurance Suisse  5-7 %
Chubb / ACE Suisse/États-Unis 4-6%
  • Armateurs : les groupes occidentaux représentent encore environ 57% de la capacité mondiale de transport de conteneurs. MSC, Maersk et CMA CGM totalisent à eux seuls près de 50% du marché mondial.
  • Assurances : Londres et l’Europe du Nord concentrent environ 60% des primes maritimes mondiales, Lloyd’s reste l’arbitre mondial.
  • Finance : les banques américaines et européennes dominent encore largement le financement et le leasing naval, même si les banques chinoises progressent en Asie.

Une réalité qui tend à s’effacer à mesure que le temps avance. De nombreux pays, notamment au sein des BRICS, cherchent à développer leurs propres capacités financières et assurantielles pour accompagner leur montée en puissance industrielle.

Alors que le commerce maritime continue de croître et que la demande de nouveaux navires s’accélère — renouvellement des flottes vieillissantes et transition énergétique obligent — le centre de production mondial s’est profondément déplacé vers l’Asie, tiré par la Chine.

Les plus grands chantiers navals du monde se trouvent désormais sur son territoire, autour de groupes publics comme CSSC, capables de produire simultanément des dizaines de porte-conteneurs ou de méthaniers géants.

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