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En 2025

La France exporte son électricité comme jamais

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Mise à jour le 16 janvier 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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EDF Énergie

La France n’a jamais autant exporté d’électricité qu’en 2025. Pour la deuxième année consécutive, le pays bat son record avec un solde exportateur de plus de 92 térawattheures. L’équivalent de la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique. Un succès industriel et énergétique incontestable, que le gestionnaire du réseau RTE ne manque pas de souligner. Mais derrière ce chiffre flatteur se cache un paradoxe plus inquiétant.

Car si la production électrique française retrouve des niveaux d’avant-crise, la consommation, elle, stagne. En 2025, elle reste inférieure d’environ 6 % à celle de la période 2014-2019. Autrement dit, alors même que la France dispose d’une électricité abondante, largement décarbonée et compétitive, elle ne parvient pas à enclencher la dynamique d’électrification pourtant indispensable à la réindustrialisation et à la transition écologique.

Une puissance exportatrice… faute de débouchés internes

Les exportations françaises irriguent principalement l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni et la Suisse. La France est devenue, de fait, la centrale électrique de l’Europe occidentale. Ces flux génèrent des revenus importants et contribuent positivement à la balance commerciale. Mais ils sont aussi le symptôme d’un marché intérieur atone.

La production n’a pas été « bradée », insiste RTE. C’est vrai. Mais elle n’est pas non plus massivement mobilisée pour transformer l’appareil productif national. Industrie électro-intensive, transports, chauffage, hydrogène : les usages structurants tardent à décoller. L’électricité française trouve plus facilement preneur au-delà des frontières que dans les usines et les territoires du pays.

Un échec politique plus qu’énergétique

Ce décalage n’est pas technique. Il est politique. La France produit, mais n’organise pas la demande. Elle investit dans les capacités, mais renonce à planifier les usages. Résultat : une électricité bas-carbone disponible, mais une économie toujours dépendante des énergies fossiles.

Dans ce contexte, les bons résultats d’EDF et la performance du système électrique ne sauraient masquer l’absence de cap industriel clair. Sans plan massif d’électrification, les exportations record resteront un succès par défaut ; celui d’un pays qui produit pour les autres ce qu’il n’utilise pas pour lui-même.

Souveraineté énergétique ou occasion manquée

La France dispose d’un atout stratégique rare en Europe. Encore faut-il le mettre au service d’un projet cohérent de développement industriel, social et écologique. À défaut, l’électricité continuera de quitter le territoire pendant que la réindustrialisation restera, elle, à l’état de promesse.

Exporter plus n’est pas un problème. Ne pas produire et consommer pour soi en est un.

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