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Finance

Huawei est détenu à 99 % par ses salariés. Et ce n’est pas un détail

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Mise à jour le 3 avril 2026
Temps de lecture : 5 minutes

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Chine Huawei Finance

Les difficultés de l’Union Européenne à faire appliquer ses règles aux GAFAM démontrent que le contrôle des géants du numérique est une question de souveraineté. En Chine, ces géants sont aux couleurs nationales mais ils restent des entreprises privées. Mais faut-il les réduire à de simples entreprises privées ?

Les vagues de privatisations après l’époque maoïste n’ont pas concerné les secteurs économiques que le gouvernement central considère comme stratégiques. C’est, par exemple, le cas des télécommunications qui est dominé très largement par trois entreprises d’État : China Mobile, China Telecom et China Unicom. Maîtriser et développer les infrastructures internet et la recherche en la matière est essentiel et requiert une maîtrise publique. À lire aussi NearLink  : Huawei a surmonté les sanctions américaines et innove Il peut apparaître alors paradoxal que Huawei, qui est fournisseur d’équipements et d’infrastructures (smartphones, solutions cloud, antennes 5G, câbles sous-marins, etc.), soit une entreprise privée. Ces technologies semblent tout autant critiques. De même, les géants du numérique comme Tencent et Alibaba Group sont des entreprises privées. Pourtant, il serait impossible de lister à quel point ces deux groupes ont une importance considérable dans de nombreux secteurs : domination des réseaux sociaux, 90 % des paiements quotidiens, e-commerce, jeux vidéo et bien…

Il peut apparaître alors paradoxal que Huawei, qui est fournisseur d’équipements et d’infrastructures (smartphones, solutions cloud, antennes 5G, câbles sous-marins, etc.), soit une entreprise privée. Ces technologies semblent tout autant critiques.

De même, les géants du numérique comme Tencent et Alibaba Group sont des entreprises privées. Pourtant, il serait impossible de lister à quel point ces deux groupes ont une importance considérable dans de nombreux secteurs : domination des réseaux sociaux, 90 % des paiements quotidiens, e-commerce, jeux vidéo et bien d’autres.

L’actionnariat salarié de Huawei

Huawei a un modèle actionnarial singulier car 99 % de son capital est détenu par ses employés. Le fondateur, Ren Zhengfei, possède 0,65% du capital (2024) et dispose d’un droit de veto dans la gouvernance de l’entreprise. Hormis cette exception, l’entreprise est possédée intégralement par le Comité syndical de Huawei qui rassemble les quelque 160 000 salariés. Ce syndicat élit ensuite 115 représentants qui vont à leur tour élire le Conseil d’administration et le Conseil de surveillance.

Les employés sont en partie rémunérés en dividendes en fonction des résultats de l’entreprise. Mais ils ne peuvent pas revendre leurs parts, même pas à un collègue. S’ils partent, Huawei rachète leurs parts. Ce modèle ne débarrasse pas l’entreprise de toutes les contradictions du capitalisme mais favorise une vision de long terme dénuée d’une partie de la rapacité de la finance.

Tencent et Alibaba Group à la bourse de Hong Kong et New York

Tencent et Alibaba Group ont de leur côté un modèle actionnarial capitaliste bien plus classique. Tencent est cotée à la bourse de Hong Kong et Alibaba Group à la fois à Hong Kong et New York. Même si leurs statuts respectifs permettent souvent aux fondateurs de garder le contrôle, des fonds occidentaux comme BlackRock et leurs intérêts entrent massivement au capital.

Cela n’a néanmoins pas empêché la reprise en main soudaine pendant deux ans (entre 2020 et 2022) de l’État sur cette industrie. L’exemple emblématique reste l’arrestation du flamboyant Jack Ma, PDG d’Alibaba Group. Mais il faut surtout souligner les nombreuses mesures anti-monopolistiques (amendes et évolutions de la législation) que les autorités ont prises. Des géants de la « tech » chinoise comme Didi (l’équivalent de Uber) ont été contraints de se retirer des bourses américaines.

Le contrôle par l’État via des « golden shares »

Bien que le secteur ait gardé des actionnariats privés à l’issue de cette reprise en main, le gouvernement a développé la participation de l’État via des « actions spécifiques » (ou « golden shares »). Ces dernières correspondent à une participation minime au capital, moins de 1 %, mais qui offre un droit de veto sur les décisions stratégiques. C’est le cas pour Tencent, Alibaba Group ou encore ByteDance (maison mère de TikTok/Douyin).

Ces « actions spécifiques » offrent un contrôle limité et indirect du pouvoir politique sur le secteur. Il convient aussi de préciser qu’un contrôle indirect du Parti communiste chinois se fait d’une multitude d’autres biais. Notons notamment qu’il existe des milliers de membres du Parti, organisés en cellules d’entreprise, qui sont employés à tous les échelons de Tencent et Alibaba Group.

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