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On fait le point

Agriculture. L’économie française perd-elle encore un atout ?

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Mise à jour le 6 mars 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Agriculture Agroalimentaire

Pour la première fois depuis 50 ans, la France manque d’enregistrer en 2025 un déficit commercial agricole et agroalimentaire. Le solde entre les exportations et les importations, en valeur, est fragile : 200 millions d’euros, contre 3,9 milliards d’euros en 2024.

Dépendante des importations pour de nombreuses denrées, la France subit ici un renchérissement de ses achats alimentaires, décidé sur les marchés internationaux. Le problème est double : certaines filières agricoles, et pas des moindres, sont au contraire dépendantes aux exportations. En fait, le déficit commercial s’exprimait déjà en termes de volumes de produits agricoles, en particulier pour les légumes, les fruits et les volailles. Même en valeur, si on met les produits transformés à part, le déficit de denrées agricoles brutes est de -300 millions d’euros en 2025. Dorénavant, certaines filières ne s’imposent plus face à la concurrence internationale, d’où une chute des prix et parfois des revenus. À lire aussi Marché des céréales : La France peine à exporter son blé malgré une bonne récolte Produire plus pour gagner… autant ? Plusieurs filières ont vu leur volume de production augmenter, en réponse à une diminution des prix des produits agricoles. Ici, l’objectif du producteur est de maintenir ses revenus. C’est le cas des céréaliers (+16 % en volume, -10 % en prix) et des viticulteurs…

En fait, le déficit commercial s’exprimait déjà en termes de volumes de produits agricoles, en particulier pour les légumes, les fruits et les volailles. Même en valeur, si on met les produits transformés à part, le déficit de denrées agricoles brutes est de -300 millions d’euros en 2025. Dorénavant, certaines filières ne s’imposent plus face à la concurrence internationale, d’où une chute des prix et parfois des revenus.

Produire plus pour gagner… autant ?

Plusieurs filières ont vu leur volume de production augmenter, en réponse à une diminution des prix des produits agricoles. Ici, l’objectif du producteur est de maintenir ses revenus. C’est le cas des céréaliers (+16 % en volume, -10 % en prix) et des viticulteurs (+8 % en volume, -3 % en prix), qui parviennent ainsi à progresser en valeur. Ils doivent affronter une perte de débouchés à l’export, qui comptent pourtant pour 50 % de la production céréalière et 30 % de celle du vin. Les tensions internationales sont principalement en cause.

C’est le cas aussi pour les maraîchers et horticulteurs (+4 % en volume, -6 % en prix) qui, eux, ne parviennent pas à compenser la chute des prix. Le surplus ne trouve pas automatiquement preneurs sur des marchés alimentaires saturés. Cela semble être dû à de « trop bonnes » récoltes, non absorbées par la consommation.

Perte de souveraineté alimentaire

À l’inverse, certaines filières produisent moins, comme le fruit qui continue de perdre du terrain en volume et en valeur, malgré un renchérissement des prix. Il y a simplement moins de producteurs à force de détérioration du marché d’année en année.

C’est la capacité du pays à s’auto-approvisionner qui s’affaiblit, réduisant ainsi la souveraineté alimentaire.

Du côté de l’élevage, la production diminue (-2 %), alors que les prix progressent fortement (+13 %). Le bétail français nourrit moins, tout en coûtant plus cher aux consommateurs. Seuls les œufs se portent bien, mais comme la production ne rattrape pas la demande, les prix explosent (+17 %).

La France continue d’importer massivement des fruits (60 % des fruits) et légumes (40 %), des volailles (1 poulet sur 2) et même des produits laitiers. Sans sensationnalisme, il faut souligner que, comme rarement, la balance commerciale s’est aussi détériorée à cause des achats… de produits laitiers à l’étranger. Chose impensable en France il y a peu, où la filière a historiquement été un véritable atout.

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