Liberté Actus
qrcode:https://liberteactus.c-real.org/2193

Cet article est lisible à cette adresse sur le site Liberté Actus :

https://https://liberteactus.c-real.org/2193

Flachez le qrcode suivant pour retrouver l'article en ligne

RYO Alexandre/shutterstock
Automobile

Forvia sacrifie ses activités intérieures pour rassurer les marchés

Accès sur connexion
Mise à jour le 6 mars 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Mots -clé

Industrie Automobile Emploi

Le bruit courait depuis longtemps dans les ateliers. Forvia, l’un des grands équipementiers français, vient d’annoncer ses résultats 2025 et confirme la cession de sa branche « Interiors », celle qui produit planches de bord, panneaux de porte et consoles centrales.

Depuis des années, le groupe parle de « désendettement rigoureux » et de retour à la croissance, dans un paysage morose pour la sous-traitance automobile historique. En 2022, lorsque Faurecia prenait le contrôle de l’allemand Hella pour donner naissance à Forvia, les salariés savaient que l’addition serait lourde. L’opération avait laissé une dette colossale de 8,4 milliards d’euros, ramenée aujourd’hui autour de 6 milliards. En six ans, l’entreprise n’a enregistré qu’un seul exercice bénéficiaire, en 2023. Pourtant, les marges opérationnelles restent suffisamment attractives pour satisfaire les marchés. En 2025, malgré une perte nette de 2,1 milliards d’euros et des ventes en baisse de 3 %, la marge opérationnelle progresse encore, à 5,6 %. Objectif affiché : dépasser 7 %. Comment ? Le nouveau directeur général, Martin Fischer, accélère le plan « EU-FORWARD » lancé en 2024, qui prévoit 10 000 suppressions d’emplois en Europe d’ici 2028. Déjà 6 400 postes ont disparu. Le site de Méru, dans l’Oise, en a fait les frais dès 2024. À lire aussi INSEE : En treize…

En six ans, l’entreprise n’a enregistré qu’un seul exercice bénéficiaire, en 2023. Pourtant, les marges opérationnelles restent suffisamment attractives pour satisfaire les marchés. En 2025, malgré une perte nette de 2,1 milliards d’euros et des ventes en baisse de 3 %, la marge opérationnelle progresse encore, à 5,6 %. Objectif affiché : dépasser 7 %.

Comment ?

Le nouveau directeur général, Martin Fischer, accélère le plan « EU-FORWARD » lancé en 2024, qui prévoit 10 000 suppressions d’emplois en Europe d’ici 2028. Déjà 6 400 postes ont disparu. Le site de Méru, dans l’Oise, en a fait les frais dès 2024.

Deuxième levier : la cession des activités intérieures. Avec plus de 30 000 salariés dans le monde et 18 % du chiffre d’affaires du groupe, il ne s’agit pas d’un détail. Mais la vente – même à prix réduit – permettrait d’accélérer le désendettement et de rassurer les actionnaires.

Le directeur financier, Olivier Durand, admet que cette opération constitue « un changement de taille majeur ». Il défend une concentration sur les activités dites à « forte valeur ajoutée », soulignant que sans la division Interiors, la marge aurait atteint 6 %.

La logique est claire. Priorité à la rentabilité financière, même au prix d’un démantèlement industriel.

Car derrière la perte nette affichée, l’activité continue de tourner. Les usines produisent. Les commandes existent. L’argent circule. Ce n’est pas une faillite industrielle, c’est un arbitrage financier.

À ce stade, aucune précision n’est donnée sur les modalités de la cession ni sur l’identité du ou des repreneurs. Pour les salariés des sites concernés – notamment dans le Pas-de-Calais et l’Oise – l’incertitude demeure entière.

Il vous reste tant à découvrir...

Pour lire la suite de cet article créez-vous gratuitement un compte sur Liberté Actus.

Déja abonné ?

Identifiez-vous

Message d'abonnement

Ces articles peuvent vous intéresser :

Liquidation Ziegler emporte plus de 1 400 salariés dans sa chute

La liquidation de Ziegler France provoque une secousse dans toute la région Hauts-de-France. Autour des salariés menacés, syndicats et élus se mobilisent, tandis que sur le terrain, notamment à Bapaume, des entreprises locales jusque-là prospères se retrouvent entraînées dans un tourbillon dont elles ne maîtrisaient ni les causes ni l’issue.

Soutenez-nous

Faire un don

En 2024, nous avons bâti un journal unique où les analyses se mêlent à l’actualité, où le récit se mêle au reportage, où la culture se mêle aux questions industrielles et internationales. Faites un don pour continuer l’aventure.