Depuis des années, le groupe parle de « désendettement rigoureux » et de retour à la croissance, dans un paysage morose pour la sous-traitance automobile historique. En 2022, lorsque Faurecia prenait le contrôle de l’allemand Hella pour donner naissance à Forvia, les salariés savaient que l’addition serait lourde. L’opération avait laissé une dette colossale de 8,4 milliards d’euros, ramenée aujourd’hui autour de 6 milliards. En six ans, l’entreprise n’a enregistré qu’un seul exercice bénéficiaire, en 2023. Pourtant, les marges opérationnelles restent suffisamment attractives pour satisfaire les marchés. En 2025, malgré une perte nette de 2,1 milliards d’euros et des ventes en baisse de 3 %, la marge opérationnelle progresse encore, à 5,6 %. Objectif affiché : dépasser 7 %. Comment ? Le nouveau directeur général, Martin Fischer, accélère le plan « EU-FORWARD » lancé en 2024, qui prévoit 10 000 suppressions d’emplois en Europe d’ici 2028. Déjà 6 400 postes ont disparu. Le site de Méru, dans l’Oise, en a fait les frais dès 2024. À lire aussi INSEE : En treize…
En six ans, l’entreprise n’a enregistré qu’un seul exercice bénéficiaire, en 2023. Pourtant, les marges opérationnelles restent suffisamment attractives pour satisfaire les marchés. En 2025, malgré une perte nette de 2,1 milliards d’euros et des ventes en baisse de 3 %, la marge opérationnelle progresse encore, à 5,6 %. Objectif affiché : dépasser 7 %.
Comment ?
Le nouveau directeur général, Martin Fischer, accélère le plan « EU-FORWARD » lancé en 2024, qui prévoit 10 000 suppressions d’emplois en Europe d’ici 2028. Déjà 6 400 postes ont disparu. Le site de Méru, dans l’Oise, en a fait les frais dès 2024.
Deuxième levier : la cession des activités intérieures. Avec plus de 30 000 salariés dans le monde et 18 % du chiffre d’affaires du groupe, il ne s’agit pas d’un détail. Mais la vente – même à prix réduit – permettrait d’accélérer le désendettement et de rassurer les actionnaires.
Le directeur financier, Olivier Durand, admet que cette opération constitue « un changement de taille majeur ». Il défend une concentration sur les activités dites à « forte valeur ajoutée », soulignant que sans la division Interiors, la marge aurait atteint 6 %.
La logique est claire. Priorité à la rentabilité financière, même au prix d’un démantèlement industriel.
Car derrière la perte nette affichée, l’activité continue de tourner. Les usines produisent. Les commandes existent. L’argent circule. Ce n’est pas une faillite industrielle, c’est un arbitrage financier.
À ce stade, aucune précision n’est donnée sur les modalités de la cession ni sur l’identité du ou des repreneurs. Pour les salariés des sites concernés – notamment dans le Pas-de-Calais et l’Oise – l’incertitude demeure entière.