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Automobile

Flexis. Renault reprend la main sur le van électrique made in France

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Mise à jour le 6 mars 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie Automobile Renault

Moins de deux ans après sa création, la coentreprise Flexis change de braquet. Le 23 février, Renault a annoncé le rachat des parts de Volvo (45 %) et de CMA CGM (10 %) pour devenir l’unique actionnaire de cette structure dédiée au véhicule utilitaire électrique.

Derrière l’opération capitalistique, c’est une séquence industrielle qui s’ouvre – et elle concerne directement le site de Sandouville (Seine-Maritime). La fin de l’équilibre à trois Créée en 2024, Flexis devait incarner la nouvelle génération de fourgons électriques et connectés, pensés pour la livraison urbaine. Trois prototypes avaient été dévoilés début 2025 : un fourgon standard, une version cargo et un modèle plus haut de gamme. Particularité importante, ces véhicules reposent sur une architecture dite SDV (software defined vehicle) où l’essentiel de la valeur se déplace vers le logiciel, les mises à jour à distance et la gestion de données en temps réel. À lire aussi Automobile : Voitures électriques, la grande bascule du marché européen Autrement dit, l’utilitaire devient plateforme numérique. Maintenance prédictive, optimisation de flotte, interaction permanente avec l’opérateur logistique : Renault entend capter une part croissante de la valeur au-delà de la simple vente du véhicule. Le problème, c’est que le marché ne suit pas au rythme espéré. En 2025, les immatriculations de…

La fin de l’équilibre à trois

Créée en 2024, Flexis devait incarner la nouvelle génération de fourgons électriques et connectés, pensés pour la livraison urbaine. Trois prototypes avaient été dévoilés début 2025 : un fourgon standard, une version cargo et un modèle plus haut de gamme. Particularité importante, ces véhicules reposent sur une architecture dite SDV (software defined vehicle) où l’essentiel de la valeur se déplace vers le logiciel, les mises à jour à distance et la gestion de données en temps réel.

Autrement dit, l’utilitaire devient plateforme numérique. Maintenance prédictive, optimisation de flotte, interaction permanente avec l’opérateur logistique : Renault entend capter une part croissante de la valeur au-delà de la simple vente du véhicule.

Le problème, c’est que le marché ne suit pas au rythme espéré. En 2025, les immatriculations de fourgonnettes neuves dans l’Union européenne ont reculé de près de 9 %. À peine 11 % d’entre elles étaient électriques. Les gestionnaires de flotte hésitent, confrontés au coût d’acquisition, aux incertitudes sur l’autonomie et à la rentabilité réelle du basculement.

À lire aussi : Renault dissout sa filiale Ampère et amorce un tournant historique

Intégration ou recentrage stratégique ?

La décision de Renault n’est donc pas neutre. En reprenant 100 % de Flexis, le groupe choisit l’intégration plutôt que la dilution. Plusieurs centaines de millions d’euros seraient engagés pour racheter les parts de ses partenaires. Volvo invoque des « points de vue différents » sur la conduite du projet et un marché ralenti. Renault, lui, accélère la rationalisation engagée depuis un an.

La production est toujours annoncée pour fin 2026 à Sandouville, en Seine-Maritime, aux côtés du futur Trafic électrique. Le site devra adapter ses lignes pour accueillir cette nouvelle plateforme modulaire à forte « commonalité » de pièces. Environ 1 300 salariés travaillent déjà au développement sur les sites franciliens du groupe.

Pour le territoire, l’enjeu est de maintenir et ancrer une filière utilitaire électrique en France. Pour Renault, il s’agit de maîtriser d’autres segments de sa chaîne – du logiciel à l’assemblage – et de ne pas laisser s’échapper la valeur vers d’autres acteurs du numérique ou de la logistique.

La séquence est révélatrice. L’électrification ne se décrète pas, elle se planifie, s’industrialise et se finance sur le temps long. Reste à savoir si la reprise en main par Renault sera le point d’appui d’une stratégie industrielle cohérente… ou le simple ajustement d’un marché encore hésitant.

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