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Automobile

Dumarey Powerglide met fin à son activité dans la Loire, la CGT mobilisée

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Mise à jour le 3 avril 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Industrie Automobile Luttes CGT Social Emploi

C’est un nouvel équipementier automobile qui ferme ses portes. Dumarey Powerglide va cesser les activités de son usine d’Andrézieux-Bouthéon, dans la Loire, avant la fin de l’année. Près de 270 salariés sont concernés sur ce site qui, depuis 1997, fabrique des boîtes de vitesses. Pour Ludwig Beraud, responsable de l’Union des syndicats des travailleurs de la métallurgie (USTM) CGT de la Loire, « cette annonce est d’une brutalité totale ».

Propriété de ZF jusqu’en 2023, le site avait été vendu au groupe belge Dumarey. Peu à peu, un schéma inquiétant s’est dessiné. L’usine d’Andrézieux-Bouthéon devient un sous-traitant de deuxième rang, c’est-à-dire qu’il travaille essentiellement pour ZF, son ancien propriétaire.

ZF est l’un des leaders mondiaux de la sous-traitance automobile, au même titre que Bosch ou Continental. Le groupe, basé à Friedrichshafen, dans le sud de l’Allemagne, dispose d’un quasi-monopole dans la fabrication des châssis et des systèmes de transmission.

Déjà en grande difficulté, ZF sous-traite tour à tour certaines de ses activités. En 2024, l’entreprise annonce un plan de restructuration très lourd avec 14 000 suppressions d’emplois en Allemagne, accompagné d’un gel des salaires et d’une réduction du temps de travail.

Sur le papier, les salariés d’Andrézieux-Bouthéon n’étaient donc pas concernés par ce plan puisqu’ils étaient entrés dans le giron de Dumarey un an auparavant. C’était sans compter sur les répercussions en chaîne.

Malgré son rachat, le site ligérien poursuit la production de boîtes de vitesses spécifiquement pour ZF.

Le même scénario s’est produit il y a quelques mois à Strasbourg, où Dumarey Powerglide a également annoncé la fermeture d’une usine d’ici à la fin de l’année. Le site tournait quasi exclusivement pour ZF, qui représentait jusqu’à 85 % du chiffre d’affaires. Une dépendance massive, connue, assumée… jusqu’à devenir fatale.

Car, au sein de son plan de restructuration, ZF a décidé de réinternaliser une partie de sa production et donc de mettre brutalement fin aux commandes. Le choc est immédiat. Le chiffre d’affaires s’effondre, à Strasbourg comme à Andrézieux-Bouthéon.

« Une annonce d’une brutalité sans nom »

Évidemment, les salariés sentaient le mauvais vent arriver. Ils n’ont pas attendu l’annonce pour réagir et se mobiliser. Le syndicat CGT rappelle avoir pointé, « depuis plusieurs mois, une stratégie défavorable menée par la direction, dont les méthodes semblent s’inscrire dans la continuité de ce qui a été réalisé sur le site de Strasbourg ».

D’ambitieux projets de diversification ont été abandonnés les uns après les autres par Guido Dumarey, actionnaire unique. Dès lors, l’épée de Damoclès pesait sur toutes les têtes. Sa venue sur le site, prévue ce vendredi 27 mars, ne présageait rien de bon. Mais qu’à cela ne tienne, c’est la direction locale du site qui a informé les salariés de la cessation d’activité.

Pourtant, rappelle le syndicat, avant son rachat en 2023, « l’entreprise disposait d’une trésorerie confortable et d’un chiffre d’affaires dépassant 100 M€ pour 330 salariés ». Affaire à suivre ce vendredi 27 mars puisque la visite de Guido Dumarey reste confirmée à cette heure.

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