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Allier

Bosch ferme à Moulins-Yzeure

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Mise à jour le 31 janvier 2026
Temps de lecture : 2 minutes

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Industrie Automobile

Le couperet est tombé ce 20 janvier, lors d’un comité social et économique extraordinaire. Le groupe Bosch a annoncé la fermeture de son usine de Moulins‑Yzeure d’ici au 31 décembre 2026. Environ 265 à 270 salariés sont directement menacés. L’activité industrielle devrait cesser dès le mois de juin, avec les premiers licenciements attendus à l’automne, dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi dont les négociations doivent s’ouvrir en février.

Le site, spécialisé dans la production de correcteurs électroniques de trajectoire (ESP), affichait pourtant une capacité de près de six millions de pièces par an. Longtemps présenté comme un maillon stratégique de l’équipement automobile européen, il a vu sa production chuter brutalement ces dernières années, passant de plus de cinq millions de pièces en 2020 à un peu plus de trois millions en 2025. Aucune nouvelle génération de produit n’a été lancée, malgré les attentes des constructeurs.

Pour justifier cette décision, la direction invoque un ralentissement durable du marché européen, une sous-utilisation du site et une concurrence internationale trop importante. La production d’ESP doit désormais être recentrée sur des sites allemands. Une stratégie assumée de réduction des coûts, dans un contexte de restructuration globale du groupe, qui prévoit déjà des milliers de suppressions d’emplois à l’échelle mondiale.

Du côté des syndicats, la colère est vive. Pour la CGT, FO et la FSU, cette fermeture s’inscrit dans une « dynamique dramatique » de désindustrialisation dans l’Allier, déjà frappé par une succession de fermetures et de plans sociaux. « Rien ne peut justifier qu’un groupe de cette envergure sacrifie un site et un territoire », martèle l’UD CGT 03, qui appelle à une intervention de l’État.

Sur le site, les salariés dénoncent un gâchis industriel. Beaucoup s’attendaient à des ajustements, à des baisses temporaires d’effectifs, voire à une diversification de la production, pas à une fermeture pure et simple. D’autant que l’usine avait bénéficié d’investissements récents et produisait encore, il y a peu, des composants destinés à des constructeurs majeurs du véhicule électrique.

Au-delà du sort des 270 salariés, c’est tout un bassin de vie qui vacille. Commerces, sous-traitants, services publics locaux redoutent déjà l’effet domino. Une fois encore, la promesse de réindustrialisation se fracasse sur les choix des grands groupes. Et une fois encore, la question demeure entière : qui décide réellement de l’avenir industriel des territoires ?

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