L’annonce accompagne la publication des résultats 2025. Le chiffre d’affaires chute de 21 %, à 1,26 milliard de livres. La perte nette atteint 493 millions. La dette, elle, reste massive, 1,38 milliard de livres. Et la trésorerie continue de se tendre.
Dans ce paysage déjà fragile, les droits de douane américains ont fait office de coup de grâce. La direction les qualifie d’« extrêmement perturbateurs ». Les États-Unis sont un marché clé pour les modèles à forte marge et, quand Washington ferme un peu plus la porte, c’est toute l’équation qui se dérègle. À cela s’ajoute une demande atone en Chine.
La direction promet 40 millions de livres d’économies annuelles. Comprendre : réduction de la masse salariale, compression des dépenses d’exploitation, ralentissement des investissements. L’électrification, déjà coûteuse, est mise sous le tapis.
Mais le problème est plus structurel. Depuis des années, la marque vit sous perfusion de recapitalisations successives. Chaque nouveau plan devait relancer la machine. Chaque nouveau modèle devait restaurer la rentabilité. La mécanique reste fragile.
Le cas Aston Martin n’est pas isolé. Les constructeurs de niche, même positionnés sur le très haut de gamme, ne sont pas immunisés contre la guerre commerciale et la fragmentation du marché mondial. Les droits de douane deviennent des armes industrielles. Les chaînes de valeur n’ont pas de petits protégés.
Aston Martin assure anticiper encore des sorties de trésorerie en 2026, avant une amélioration ultérieure. Les salariés, eux, paient dès maintenant.
Derrière l’image léchée des Vantage et des DB12, derrière le marketing et les paddocks de Formule 1, la réalité industrielle s’impose. La voiture de luxe n’échappe ni aux cycles, ni aux dettes, ni aux rapports de force commerciaux.