Les métaux critiques sont appelés ainsi car on ne peut pas facilement les substituer par d’autres matériaux ayant les mêmes propriétés et qu’ainsi, leur pénurie entraînerait le ralentissement, voire l’arrêt de certaines productions industrielles.
Pourquoi certains métaux deviennent-ils critiques ?
Les problèmes d’approvisionnement en métaux critiques impactent négativement la chaîne de valeur d’un produit manufacturé.
Par exemple, sans néodyme, il n’y aurait pas actuellement de production de moteurs électriques à aimants permanents puissants (95 % des moteurs électriques en contiennent). En tout cas, on n’obtiendrait pas les mêmes performances et les moteurs n’auraient pas les mêmes qualités. Cet élément de la famille des terres rares est extrait et transformé principalement en Chine (60 % de la production minière et 90 % du raffinage mondiaux). Des perturbations de l’approvisionnement, liées à des tensions géopolitiques, provoqueraient au minimum une hausse des coûts de production pour les pays dépendants des importations.
Prenons un autre exemple plus général : le cuivre. C’est le meilleur métal pour la conductivité électrique, il est indispensable à l’électronique, donc ses usages sont très variés et transversaux. La production minière de cuivre est assez concentrée au Chili, au Congo et au Pérou, quand le raffinage et la consommation sont très concentrés en Chine. Dans cette configuration, les pays européens, dépendants des composants électroniques chinois, sont indirectement concernés par le bon approvisionnement de la Chine en cuivre.
Qui établit la liste des métaux critiques ?
Comme nous l’avons vu, la définition d’un minerai comme « métal critique » obéit plus à des considérations politiques et économiques qu’à des observations géologiques. La liste des métaux critiques est donc rédigée par des institutions politiques.
C’est le cas de l’Union européenne qui s’est dotée, à partir de 2011, d’une liste des minerais et métaux critiques. À l’époque, elle listait 11 matières premières exposées à des risques de pénurie. Une décennie plus tard, la liste est portée à 34 matériaux. Si l’Union européenne est particulièrement préoccupée par cette question, c’est parce qu’elle désigne la Chine comme « concurrent économique » et « rival systémique ». Or c’est précisément ce pays que l’on trouve à la tête du classement du raffinage de la plupart des métaux de la liste européenne.
En 2025, l’Union européenne a dévoilé 47 projets d’exploitation des métaux critiques sur son territoire, dont deux projets en Nouvelle-Calédonie–Kanaky et au Groenland, auxquels s’ajoutent d’autres projets en Norvège, en Serbie, au Royaume-Uni et en Ukraine. 25 projets concernent l’extraction et le traitement de lithium, de graphite ou encore de cobalt.
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Quelle est la stratégie des États-Unis d’Amérique ?
Outre-Atlantique, les administrations fédérales multiplient les investissements dans les projets d’extraction et de raffinage de métaux critiques sur le sol états-unien et les accords bilatéraux pour sécuriser leurs approvisionnements. Le gouvernement fédéral liste ainsi pas moins de 54 minerais critiques en 2025. Pour une dizaine d’entre eux, il est dépendant à 100 % des importations et pour une trentaine d’autres à plus de 50 %.
Le 4 février 2026, les États-Unis ont reçu des dizaines de pays pour discuter de cette question, révélant à cette occasion avoir financé des projets à hauteur de 30 milliards de dollars dans les six derniers mois. Cela fait suite à d’autres initiatives tout aussi ambitieuses qu’agressives, comme lorsqu’en 2025 Washington avait contraint l’Ukraine pour l’exploitation de ses ressources minières.