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Pour 2026

En avant pour notre industrie

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Mise à jour le 16 janvier 2026
Temps de lecture : 4 minutes

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Industrie Automobile Sidérurgie Social

La nouvelle année commence, traînant avec elle son lot d’incertitudes pour notre industrie. Qu’il serait banal de dire qu’elle s’annonce décisive. C’est pourtant le cas. Depuis 2024, la France ferme davantage d’usines qu’elle n’en inaugure. Des pans entiers de la production sont en proie aux liquidations. Mais les perspectives existent, et il faudra bien des luttes pour renouer avec le développement.

Avec plus de trois millions de salariés, l’industrie n’a pas disparu de notre pays, n’en déplaise aux tenants d’une « France sans usines », aujourd’hui bien discrets. On pourrait aligner les chiffres. Rappeler que pour chaque emploi industriel, quatre à cinq emplois sont créés indirectement sur les territoires. Que la valeur ajoutée par salarié y dépasse largement la moyenne. Que les salaires y sont plus élevés de 11 % en moyenne. Mais la question n’est pas seulement statistique. Elle est politique.

Comment aller vers une véritable renaissance industrielle ? Comment produire davantage, former les centaines de milliers de jeunes aux métiers de demain, moderniser nos outils et planifier sur le temps long cette reconstruction ?

Cela commence par préserver l’existant. Empêcher les fermetures, sécuriser les sites, maintenir les savoir-faire. Reconstruire ensuite, méthodiquement, un écosystème productif cohérent. Plus facile à dire qu’à faire, entend-on souvent. Et pourtant. Qui peut sérieusement croire que l’État et ses services n’ont aucune carte en main ?

Dans l’automobile, il n’y a plus de temps à perdre. Par exemple, sur les sites spécialisés dans les chaînes de distribution pour moteurs thermiques, l’urgence est connue. La diversification des activités doit être engagée dès maintenant. Attendre que la « main invisible » du marché fasse le tri reviendrait à organiser sciemment la casse. La filière automobile représente plus de 1 % du PIB français. Ce n’est pas un détail.

En 2025, on compte déjà une dizaine de milliers de suppressions d’emplois. La Fédération des équipementiers automobiles alerte sur au moins 45 000 suppressions supplémentaires d’ici 2028. Va-t-on attendre, puis déplorer encore la catastrophe en rejetant la faute sur ceux, Chine en tête, qui ont fait le choix de soutenir leur industrie ? Cela ne tient pas debout. Nos dirigeants doivent être mis face à leurs responsabilités.

Dans la sidérurgie, le dossier ArcelorMittal est loin d’être réglé. Dans la chimie, les inquiétudes sont immenses après l’affaire Vencorex, symptôme brutal de secteurs fragilisés par des années de renoncements.

Dans son édito du 4 janvier, le rédacteur en chef de L’Usine nouvelle écrivait à juste titre que « regarder 2026 uniquement à travers le prisme des difficultés serait une erreur ». Il a raison. Des ouvertures d’usines sont prévues. Un grand plan de construction de centrales nucléaires de nouvelle génération est engagé, tant bien que mal.

Dans les batteries, Verkor a inauguré fin 2025 sa gigafactory à Bourbourg, près de Dunkerque. La promesse est de 1 200 emplois. Pour y arriver, l’usine devra monter rapidement en cadence et s’appuyer sur des coopérations avec les leaders du marché, chinois donc. Comme chez ACC, où le recours temporaire à des travailleurs chinois a permis de faire tourner des lignes de production complexes et d’organiser un transfert de compétences. Preuve que la coopération industrielle peut être un levier, à condition de ne pas la subir.

Oui, la question industrielle revient enfin au cœur du débat public. Tant mieux. Mais 2026 ne peut pas être une année de discours supplémentaires. Elle doit être celle des décisions, de la planification et du courage politique.

Planification, nationalisations, coopération. Voilà le triptyque gagnant (et vital !) pour notre industrie. Il suppose une rupture politique profonde. Et cela ne se fera pas sans les travailleurs.

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