Tous les reproches s’abattent sur Dassault Aviation qui revendique la maîtrise d’œuvre du programme, dans lequel le groupe n’a accepté d’entrer qu’à cette condition et sur demande pressante du gouvernement. Pour Emmanuel Macron, il s’agit de crédibiliser la coopération militaire franco-allemande. Problème pour lui et ses partenaires européens : la logique industrielle ne plie pas pour entrer dans ce projet très étroit. « Un projet politique voué à l’échec » selon la CGT À l’usine Dassault de Cergy, la CGT demande l’arrêt du programme SCAF « tant qu’il est encore temps ». Dans une lettre ouverte en réponse au syndicat allemand IG Metall du 21 janvier 2026, le syndicat français rappelle avoir alerté « dès son lancement en 2017 » de « l’impasse » de ce programme. Il y souligne les « besoins de défense profondément divergents entre nos deux pays ». À lire aussi Danger à l’Est : L’Allemagne enfreint le traité de Moscou et la France reste silencieuse Majoritaire dans l’usine, la CGT dénonce un gaspillage…
« Un projet politique voué à l’échec » selon la CGT
À l’usine Dassault de Cergy, la CGT demande l’arrêt du programme SCAF « tant qu’il est encore temps ». Dans une lettre ouverte en réponse au syndicat allemand IG Metall du 21 janvier 2026, le syndicat français rappelle avoir alerté « dès son lancement en 2017 » de « l’impasse » de ce programme. Il y souligne les « besoins de défense profondément divergents entre nos deux pays ».
Majoritaire dans l’usine, la CGT dénonce un gaspillage d’argent public dans un « projet sans perspective industrielle crédible ». « Nous refusons que les salariés servent de variables d’ajustement à des décisions politiques incohérentes », au nom de « l’Europe à tout prix », écrivent les syndicalistes. Les premiers responsables de cette situation sont, selon eux, « nos gouvernements respectifs ».
Cette crise du SCAF, très médiatisée, intervient après une réunion de CSE tendue fin octobre 2025, où la CGT a dénoncé des transferts de production vers des usines Dassault en Inde. Les interrogations sur l’avenir sont fortes dans l’entreprise et il ne sert à rien de faire durer des incertitudes avec le programme SCAF.
« La coopération européenne n’est ni un dogme ni une religion »
À Cergy pourtant, la nouvelle usine moderne, après celle d’Argenteuil, a été inaugurée en septembre 2025. La production de Rafale est en hausse et le groupe réembauche peu à peu (en dessous des effectifs historiques néanmoins).
Devant les députés en septembre dernier, le PDG Éric Trappier affirmait que l’avion de combat de 6e génération pourrait très bien être produit en France. Il met en avant l’expertise et la cohérence industrielle des entreprises françaises : Dassault Aviation (avionneur), Safran (motoriste), Thales (électronique de défense) et les centaines d’entreprises impliquées sur le Rafale.
Il y a néanmoins un problème réel : les besoins de financement du projet, évalués à une centaine de milliards d’euros. C’est la raison invoquée par le gouvernement pour justifier le partage de compétences et d’emplois avec l’Allemagne et l’Espagne. En bref : la recherche d’apports financiers extérieurs, au risque d’une perte de charge de travail et de compétences en France, mais aussi d’une mise au second plan de l’efficacité opérationnelle.
Malgré tout, le gouvernement français compte faire vivre le programme jusqu’au bout, pour une raison très politique : la crédibilité du « couple franco-allemand ». Une voie qui implique l’accord de Berlin pour les décisions majeures concernant la politique de défense et de partenariats extérieurs de la France.