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Couverture du livre Les tendresses de Zanzibar © Éditions du Rocher
Le conseil de lecture de Philippe Lacoche

Un roman poignant de Thomas Morales

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Mise à jour le 3 avril 2026
Temps de lecture : 3 minutes

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Littérature

Il nous raconte une histoire d’amour exemplaire autour de laquelle rôde la mort. Un livre fort et très émouvant.

Chroniqueur talentueux, auteur d’une vingtaine de livres, styliste incomparable qui s’est vu notamment attribuer le prix Denis-Tillinac pour Et maintenant voici venir un long hiver (éd. Héliopoles), Thomas Morales nous donne à lire son premier roman d’amour avec Les tendresses de Zanzibar. Et quel amour ! Celui d’une femme et d’un homme qui partagent un bonheur absolu entre leur appartement-refuge de Paris et la province du centre de la France. Puis surgit la maladie avec ses crocs mauvais : « La lettre de l’hôpital Georges-Pompidou reçue en avril vogue au milieu de ce foutoir. Elle n’était pas annonciatrice de bonnes nouvelles, son verdict était sans appel. Nous pressentions ses mauvaises ondes. La maladie est cette terre brûlée qui envahit tous les recoins de l’existence. Elle avait réussi à la maintenir en laisse jusque-là, à la porte de notre intimité, en inimitié cordiale.  » Une lettre d’une cruauté inouïe Ce roman est en quelque sorte le journal intime que tient le narrateur à propos du combat de sa femme contre la mort. « Je pioche dans les entrailles de ma jeunesse campagnarde, loin des villes, l’énergie pour ne pas sombrer. Me…Et maintenant voici venir un long hiver (éd. Héliopoles), Thomas Morales nous donne à lire son premier roman d’amour avec Les tendresses de Zanzibar. Et quel amour ! Celui d’une femme et d’un homme qui partagent un bonheur absolu entre leur appartement-refuge de Paris et la province du centre de la France. Puis surgit la maladie avec ses crocs mauvais : « La lettre de l’hôpital Georges-Pompidou reçue en avril vogue au milieu de ce foutoir. Elle n’était pas annonciatrice de bonnes nouvelles, son verdict était sans appel. Nous pressentions ses mauvaises ondes. La maladie est cette terre brûlée qui envahit tous les recoins de l’existence. Elle avait réussi à la maintenir en laisse jusque-là, à la porte de notre intimité, en inimitié cordiale.  »

Une lettre d’une cruauté inouïe

Ce roman est en quelque sorte le journal intime que tient le narrateur à propos du combat de sa femme contre la mort. « Je pioche dans les entrailles de ma jeunesse campagnarde, loin des villes, l’énergie pour ne pas sombrer. Me soustraire serait une faute de goût. Je lutte par contumace, car on m’a appris que sourire devant le chaos était une attitude convenable. » Selon lui, c’était une course perdue d’avance, « un sprint avec un peu de lumière, une machine qui désagrège chaque jour, accélère et emporte tout. » Il se souvient des premières mauvaises analyses, « c’était hier, cinq mois à peine, l’espoir fut exclu de notre vocabulaire, nous n’échapperions pas pour une fois à la cohorte des médecins, des draps blancs et d’une administration bien peu préparée, en dépit de tous les protocoles et de la bonne volonté de certains, à l’apparition de la mort. »

Écrit dans une langue magnifique, ce roman cite également quelques mots du grand Kléber Haedens, extraits de son opus Lettres de la petite ferme : « Même dans les plus petites choses elle engageait son cœur. » Ces mots complètent le portrait précis et si juste de la compagne tant aimée. Et le lecteur que l’on est enrage quand il découvre la lettre d’une cruauté inouïe que Paule S., la plus vieille amie de la défunte, envoie au veuf qui précise qu’elles avaient vécu une année ensemble en Allemagne dans la même université et surtout dans la même chambre. « (…) j’étais arrivée et ma présence avait scié ce lien quasi amoureux. J’étais celui qui avait explosé la sororité. » La terrible missive se termine par ces mots : « Tu es un homme qui apprécie les coups directs. Alors, je serai franche. Sache que je la pleure, toi, tu n’es qu’un monstre froid. Aujourd’hui seul. Bien fait ! »

Oui, un roman intense et poignant.

Les tendresses de Zanzibar, Thomas Morales ; éd. du Rocher ; 117 p. ; 14 €.

Philippe Lacoche est écrivain et journaliste ; dernier ouvrage paru L’Hibernation, avec des bandes dessinées de Daniel Grardel ; éd. Les Soleils bleus.

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